jeudi 10 janvier 2013

Berlioz, Villanelle






Une merveilleuse Villanelle
d'Hector Berlioz  sur un poème de Théophile Gauthier
par la non moins merveilleuse Véronique Gens






Quand viendra la saison nouvelle,
Quand auront disparu les froids,
Tous les deux nous iront, ma belle,
Pour cueillir le muguet au bois.
Sous nos pieds égrainant les perles
Que l’on voit au matin trembler,
Nous irons écouter les merles,
Nous irons écouter les merles
Siffler.



Le printemps est venu, ma belle,
C’est le mois des amants béni;
Et l’oiseau, satinant son aile,
Dit des vers au rebord du nid.
Oh! viens donc sur ce banc de mousse
Pour parler de nos beaux amours,
Et dis-moi de ta voix si douce,
Toujours!



Loin, bien loin, égarant nos courses,
Faisons fuir le lapin caché,
Et le daim, au miroir des sources,
Admirant son grand bois penché!
Puis chez nous, tout heureux, tout aises,
En paniers enlaçant nos doigts,
Revenons, rapportons des fraises
Des bois!




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