mardi 29 janvier 2013

Cent façons d'annoncer


Au plus fort de la nuit
nous rêvions de la pluie

grave surgie du gris

Sous ce rideau de luisures
mûrissait une clef
il fallait qu'elle existe puisque nous la sentions

Nous n'osions pas encore le geste pont-levis
l'ouverture du lieu que chantaient
s'ébattant dans l'eau bleue quelques oiseaux d'été


La douceur de l'hiver sècherait-elle un jour
ses vêtements sans ombre ?

Il me tardait le froid
ses douleurs à lâcher le visage
dans la terre empêchée
cent façons d'annoncer les patiences cachées


4 commentaires:

Viviane Lamarlère a dit…



" Ses douleurs à lâcher le visage dans la terre empéchée "

Si juste. Quand la terre de chez nous est toute raide de l'eau qui gonfle l'argile et que mes mains peinent à arracher les mauvaises herbes, j'ai comme tu le dis bien l'impression d'y laisser mes yeux, ma peau, mes mains, mon visage.

Je te souhaite une bonne année ma Vivi et de belles réalisations florales. Que la porte de la nature t'offre encore sa clef.

Commentaire n°1 posté par Sonya le 07/01/2013 à 14h01

Toujours cette parole dense et qui réclame plusieurs lectures pour se laisser déchiffrer, cette syntaxe elliptique qui rend au Verbe sa fonction première d'Unique et de Poétique... Un beau poème qui appelle l'hiver et connaît sa rigueur.
Commentaire n°2 posté par Valentine le 07/01/2013 à 21h18

Valentine a dit…

Je reçois beaucoup de choses, témoignage de ton grand travail de réinstallation de ce blog. Malheureusement je ne puis toujours y venir, et me souviens de les avoir souvent lues... Notamment ce poème, qui finalement est récent ! Je suis contente que tu aies engagé ce travail de réorganisation, cela te permet d'avoir ta création "mieux en mains". Bravo !

Helder Serpa a dit…

Entre nous et le lieu où nous sommes tous ces mondes et ces saisons que nous ne voyions pas, que vous faîtes apparaître.

Avez-vous publié des livres?

Viviane Lamarlère a dit…

Avec retard mais la vie est là qui me happe (sourire) j'ai publié dans des anthologies, comme tous ceux qui sont voués à l'oubli, je le crains ... Mille merci Helder!