mardi 15 janvier 2013

Cirer



Le plaisir des gestes  du quotidien qui rendent belle et accueillante une maison... Hommage à ma grand-mère.



Ses mains
    noueuses et douces
                entre peau et chiffon
        la  voûte en paume tiède
où respirait le mouvement

Poignet puissant et frêle
        et pourtant retenant les muscles trop pressés
de peser
de forcer
de faire surgir le feu de l’aubier endormi

Ses doigts  minces courbés délogeant la poussière 
        et l’usure goûtée aux infimes échardes
    aux  creux
ou aux lézardes
tout ce qui pousse encore
sous les chagrins de l’arbre mort

J’avais très peur
je me souviens

pour la chair de la cire dans sa boite ronde
oh j’avais mal, on aurait pu ainsi creuser mon corps
d’un geste aussi muet qu’efficace
en laissant autour de la cavité les indices
effilochés du chiffon doux
les plaques bousculées

     d'un hymen
ou d'une carapace



Et si tu retrouvais  la sagesse de l’ancienne
    peut-être verrais–tu sous la rondeur du geste
        monter une lumière dans les fibres du bois
                la magie de l’eau d’or
                        parfumée
                            incendiaire




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