lundi 21 janvier 2013

Eclairage



Chacun de nous espère
un jour toucher la source de tous ses chagrins.

Hélas! nous savons bien que nos pleurs sont des grains.

Ils constellent la Terre

sans nous livrer la clef

de l'abondante sève prompte à nous cercler


Ici une dispute, ailleurs amant jaloux...

Prospères

comme des clous

jamais quiconque arrache ses misères.


Un jour notre Géode refusa

enfin

de porter tout son poids

et celui de nos peines,

émoi gris des dauphins, des hommes, des baleines

ou des fleurs oubliées au modeste parfum.


Réveillez-vous chacun !

Reprenez votre bien!

Sachez-en le pourquoi, le comment et les fins...

Cessez surtout, cessez d'ensemencer

ma peau de vieille femme de vos vies blessées.


Mais dans ce grand bazar

personne ne voulait accepter pour lui-même

les explications bizarres

que donne à qui sait lire une trace de peine.


On appela le vent pour tout éparpiller

il mit le feu aux poudres.


On appela la foudre

elle ne sut que griller

quelques ennuis atteints de son fougueux biseau

et aussi un oiseau.


C'est alors qu'un petit sortit à nuit tombée.

Son vol désordonné semblait dancerie folle

une loupiote frêle à son ventre bombé...

Son nom était luciole.

Elle seule avait compris

qu'on ne peut échapper à ce qui nous a pris

qu'en l'éclairant un peu

mais d'un tout petit feu.


Depuis le ver luisant promène son fanal

sur les chagrins d'un jour abandonnés à terre,

ouvre d'un rai léger le dire de toute chose.

Et le pesant mystère

au lieu de l'écraser retourne au végétal

ou fait jaillir la rose.

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