mardi 22 janvier 2013

Entrela pierre et l'orchidée, l'Espagne du Nord * 1 * Désert des Bardenas



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Certains d'entre vous se souviennent peut-être du délicieux film de Terry Gilliam, Lost in the Mancha. Tourné dans les décors naturels et somptueux du désert des Bardenas en Navarr
e, il cumula les catastrophes: passages constants d'avions de l'armée de l'air espagnole qui y possède un champ de tir et empêchèrent toute prise de son correcte, pluie diluvienne etc.

Ce désert nous attire d'autant plus qu'il y pousse des orchidées rares. Il fut l'une des haltes de notre dernier séjour en Espagne, tout consacré à la culture romane, aux orchidées et aux paysages méconnus.
Deux cigognes sur leur ruine confortable nous y accueillent le samedi soir... Nous avions décidé d'y crapahuter le dimanche ( jour de la semaine où les avions de chasse restent au bercaill) et nous y rendons comme au cinéma " en  repérages ":

La route avait été bordée tout du long de ces merveilleux genêts en fleurs qui embaument le miel:


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Depuis un mirador, nous embrassons le panorama qui nous attend au lendemain matin. Vastes Bardenas ! Elles sont encore en cette saison illuminées par les cultures courageuses qui étendent tout autour d'elles leurs terrasses de blé ou d'orge. Le nom lui même dériverait des mots basques Abar et Dena qui signifient " tout boisé ". Le lieu aurait été victime de déforestations massives à des fins de construction et d'industrie du charbon de bois...




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Dans ces
reliefs qu'inonde le dernier soleil de la soirée, nous découvrons à la jumelle des cavités. La région est un haut lieu de l'habitat troglodyte, au point que certaines chambres d'hôtes y abritent leurs locaux:



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Le lendemain, de bonne heure, en route vers la Blanca, lieu lunaire gardé par un petit piton, le Castillo de Tierra ( chateau de terre)  et qu'une énorme averse a nettoyé la veille de restes de sécheresse. Cela nous donnera occasion de mieux comprendre les superpositions de matière dure ou plus friable: gypse, sel, calcaire, grès... Nous y sommes à pied-d'oeuvre vers dix heures du matin, il fait encore relativement frais et nous nous croyons déjà dans un grand Canyon à dimension humaine....

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Nous nous garerons assez loin à gauche de ce grand massif tout raviné par le temps et rejoindrons à pied ( une petite heure de marche en le longeant) la faille située à son autre extrémité qui nous permettra de pénétrer le cirque caché par cette muraille. Le saint des saints où poussent les orchidées.
Clicquer sur la photo pour la voir en meilleure définition:

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Hors nos précieuses bouteilles d'eau, la seule fraîcheur sous un soleil qui plombe nous vient de délicieuses rencontres, telles cette fleur acidulée :

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Sur un rocher une mousse bleutée attend quelques gouttes d'eau qui lui rendront sa robe de gala:

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Le paysage devient de plus en plus aride... et parfois assez difficile pour les chevilles! ( clicquer sur la photo, idem)


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Bientôt apparait la faille. Vous devinerez sur la photo en meilleure définition deux petits personnages ( mon amie et moi que nos maris respectifs mitraillent de photos admiratives ;o)) et un sentier abrupt que nous nous apprêtons à monter. Il nous permet de rejoindre la face cachée de ce massif:


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Nous y sommes ! Derrière cette muraille de pierres et d'argile, sur un haut plateau préservé de tout passage violent mais de toute évidence fréquenté par des marcheurs comme nous si nous en croyons les sentiers bien dessinés,  se trouve le monde tel qu'il était en sa naissance ( clicquer pour meilleure définition ):


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Il semblerait que ce paysage n'ait aucune limite,  comme calmement tenu entre les pattes d'un fauve géant:



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Mais si sur notre droite s'étendent de belles plaques de verdure naturelle ou cultivée dont les rares personnes rencontrées sur le chemin nous diront qu'elles surgissent ou disparaissent au gré de la dernière pluie ...


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... sur notre gauche, précisément où nichent les orchidées, c'est la garrigue dans toute sa splendeur de brousse piquante et sèche:




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Qu'importent les quelques piqures d'ajoncs ou de moustiques que la dernière  pluie a fait surgir de leurs oeufs et qui se précipitent vers nous. Nous sommes tellement récompensés de notre longue marche par ces beautés fragiles qui se nomment Ophrys ciliata

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Ophrys castellana:

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Ophrys lutea ci-dessous:



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Ophrys scolopax picta :


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Vers 17 heures, fatigués de notre longue exploration des lieux, nous rebroussons chemin. Depuis le haut de la brêche, l'éclairage qui a changé nous offre une belle perspective :




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Le minuscule massif montagneux un peu sombre qui se trouve au centre de la photo ci-dessus nous semble propice à un repos bien mérité à l'ombre. Nous le rejoignons tranquillement et attendons nos maris dont le nez est encore enfoui dans les fleurs. ( Clicquer sur la photo)




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Le chemin qui porte nos pas de retour embaume le thym et la santoline...



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Après ce séjour rude, austère et cependant si merveilleux dans un coin oublié des médias, nous retrouvons hélas bientôt les lignes de téléphone qui barrent le paysage de leurs dessins agressifs. Heureusement les guêpiers sont de sortie. Leur chant plein de vitamines et leurs magnifiques couleurs nous consolent de quitter un lieu aussi enchanteur:



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Sur le retour les champs de coquelicots  abondent:




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Les seules églises croisées ce jour là seront de pierres façonnées par l'eau et le temps au bord d'un étang... Mais demain nous attendent d'autres merveilles!





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LLe chant du Guêpier d'Europe








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