jeudi 10 janvier 2013

Fantaisie en Fa mineur de Schubert




... " Et même si l'on trébuche, on lutte encore à genoux ".
Sénèque


Souvent la musique apaise.


Voici l'oeuvre d'un homme qui a su affronter son devenir
avec courage
avec passion
avec génie


La Fantaisie en fa mineur de Schubert est une des merveilles du piano écrit pour quatre mains
On y sent de bout en bout ce souci que les deux partenaires ne se gênent pas l'un l'autre
On y sent
quand on la joue
( et je l'ai souvent jouée avec mes grands élèves car c'est oeuvre plus difficile qu'il n'y parait pour de très jeunes consciences)
l'envie d'entendre l'autre et non de l'écraser.
Si difficile écoute de l'autre en vérité...


Schubert dédicaça cette oeuvre à un impossible amour
sa maigre fortune lui interdisait d'aimer une jeune femme de la haute noblesse viennoise mais son talent lui permettait de dire et surtout de donner...
On retrouve dans cette fantaisie les quatre mouvements habituels d'une sonate
mais c'est le premier mouvement
tendre berceuse inquiète et intimiste
tendre écriture empreinte de fragilité et de résignation
dans laquelle les passages non annoncés d 'orage et de colère
s'appuyant sur
ces notes pivots si chères à Schubert qui modifient d'un coup de vent le climat de l'oeuvre

c'est dans le premier mouvement que les notes nous disent mieux que des mots l'austérité de l'amour auquel on renonce.

Ce silence très court qui sépare dans le premier mouvement la tonalité en Fa mineur de celle en fa Dièze majeur, comme il en dit long de l'envie de survivre à l'impossible...

Les tempêtes de la révolte vont se suivre
les questions brutales comme des coups que l'on se donne pour ne pas les donner
s'éteindre
puis la boucle se boucler


Bonne écoute 
 


 

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