mardi 15 janvier 2013

Fragment 2 Calvaire

 



De loin, sa silhouette flottant de guingois
      sur l'herbe grise de tant et tant de voyages
  nous disait le début du passage.
 
Son ombre au fil des heures indiquait tour à tour le porche de la maison
           celui de l'antique chapelle
  la route sans fioritures et plutôt mal entretenue qui séparait l'un et l'autre
               et à l'extrême bord de laquelle il avait été planté

 
Ni l'allée domaniale ni le sentier roman ne pouvaient se prendre de front
   mais par quelques manoeuvres périlleuses et lentes
du corps ou de l'automobile
  au plus près de la croix penchée.

Nous arrivions toujours à l'heure
                  où l'aiguille de son ombre
                                   indiquait le destin.

Bonheur d'être assise du côté du oui
    au monde basculant avec le capot de la voiture
  dans quelques centimètres d'une eau murmurante et longue
sous la clarté pleine de pièges
d'un été en haillons

 
Et je rêvais alors
               aux pierres qui gardent les portails
     à leur entêtement à créer des obstacles
pour que grandir dans la maison de Dieu
       ou celle des hommes
         ne soit vers le ciel mais devant soi
  au prix de courbes et de haltes

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