mardi 15 janvier 2013

Fragment 3 Les pierres qui gardent les portails



Les pierres qui gardent les portails
    savourent ce qui leur vient des joyeuses tablées assises sous les arbres
    l’innocence cruelle des mômes
l’été
            chatouillant d’un brin d’herbe un grillon dans son nid
        et puis le dépiautant pour savoir
                        où il cache sa boite à outils


Les pierres qui gardent les portails
                aiment les mots des branches
    et la blancheur des paumes enlacées longtemps
                    les allées déroulant
                reines
        une lenteur
jusqu’au seuil où la liesse attend


Les pierres qui gardent les portails
                pourraient en raconter de ces dessous de jupes
    aux désirs naufragés
                les baisers que l’on fauche à l’embaumée du vent
    la douceur et le trouble des chairs en frôlées


Elles ne diront rien des fables entendues entre mur et volé

Ce qui les fait pousser
            les pierres qui gardent les portails
    ce sont les éventails des dames jusqu' au soir
            ouverts et dont la brise écrit au pied de l'herbe
    des mensonges bien lisses
aussi purs que la faim d'infortunes imberbes


Sonate pour violon et piano op. 13 de Paderewski

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