mardi 15 janvier 2013

Fragment 5 Sable




De je ne sais quel ancêtre je tenais un goût prononcé pour les outils de jardin.


Leur maniement me rassurait. La douceur du manche en bois usé par les prises
petites esquilles prêtes à blesser
le poids du fer mordant l'obscurité
         cherchant la braise sous les pas

Quand
munie d'un râteau
je dessinais sur le sable gris de la grande Lande

étale autour de la maison
des lignes légères
éphémères et ordonnées
sans cesse défaites et recommencées
je sais que je pourchassais l'idée de cycles sans histoire
ni jugement dernier.



J'imaginais parfois que ces lignes étaient celles de disques
dans leurs sillons les aléas de l'existence
les voix étouffantes ou tues
les émotions instables enfin domestiquées

Puis je fermais les yeux.

Qui viendrait jouer
le son caché entre les grains ?


Depuis le début...

Aucun commentaire: