mardi 15 janvier 2013

Fragment 8 Vide autour d'un vent mort




La cage d'escalier était un de mes bonheurs.

Il tient à de l'impalpable souvent

et là,
c'était la résonance extraordinaire de l'espace qui le dessinait.

Toute tendue vers le puits de jour qui s'ouvrait aux greniers
j'avait peine à saisir d'un seul regard la perspective verticale des murs
la torsade acajou de la rampe et des marches
le garde-fou aux balustres bronzées dont certaines branlaient
comme une invite à la chute

Assurée d'être seule
je vocalisais sans entraves
et l'écho m'habillait de ses retours flatteurs parfois
édifiants souvent

Puis je prenais peur en pensant que
bien peu de cris reviennent d'eux-mêmes
vers la bouche qui les a libérés

Sentais-je qu'ils couraient
comme ma jeunesse
ingénus vers d'autres rivages
emportant avec eux mes révoltes
mes joies
et derrière eux le corps
vide autour d'un vent mort ?

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