mardi 29 janvier 2013

Immobile une droite


Immobile
une droite attendait qu’on l’emprunte
on ne l’a jamais rendue
        au soleil disparu on l’a fendue en deux
gousse de vanité elle a hurlé la chienne
    des brèches hirondelles un peu coupantes au bord, le temps, grains alignés, s’est rendu sans broncher avant qu’on ne le prenne
    sans doute espérait-il une remise de peine ?

C’est alors que la pluie a creusé une porte
    puis une autre
cent autres
    vêtues de grands drapés elles glissaient pies voleuses
il y a toujours des gens pour
chercher leur honneur derrière une sortie

 Des bancs d’orages montaient sur la verdure tout prêts à consommer
ils tournaient en tous sens
comment s'allonger sûr
  l’être peur si palpable qu’on aurait pu toucher la peau de sa figure

Nous on n’avait pas peur
    on avait fait le pire
        brisé la terre sainte du
rectiligne
et empêché nos frères de poser à l'herbier les ailes de leurs rêves

Dans les trous que la pluie s’acharnait à creuser pour éteindre les bancs

    on s’est enfin couché et on a regardé tous les gémissements
tordus comme des perles qui couraient
en colliers dépliés sur eux mêmes
    alors on a dormi
preuve éclatante comme la lumière est noire
que ce monde
    n’est pas ce qu’on imagine




1 commentaire:

Viviane Lamarlère a dit…



C'est puissant ....


Commentaire n°1 posté par Miche le 07/01/2012 à 03h52



Merci Miche, j'aimais bien il y a quelques années jouer ainsi, mais l'énergie me manque... Il faut dire que je viens de passer trois jours à peindre du sol au plafond et mes muscles ont pris chéro comme disent nos filles ;o))
Réponse de Russalka le 10/01/2012 à 21h11

Je ressens une atmosphère étrange après cette lecture. Revenir lire plus tard.
Commentaire n°2 posté par luno le 07/01/2012 à 11h21



Pas de souci Luno, ce poème était... comment dire? un rêve éveillé ;o)) Mille excuses du retard à répondre, je suis en train de repeindre ma cuisine de fond en comble ( je veux dire plafonds compris...)
Réponse de Russalka le 10/01/2012 à 21h06