mercredi 9 janvier 2013

Le gardien du phare



Quand on regarde au loin où dorment les tempêtes
Que le cœur est enclos dans sa cage, effrayé,
On devine les anges, aux ailes endeuillées
Repliés à la nuit que le vent déchiquette

On se sent seul et nu. Adossé aux vieux murs
Fouillés de trop de sel déposé par la gueuse
On essaie de se fondre à l'ombre graniteuse...
Ô vagues enragées d'une faim monstrueuse
Vous rongez mon futur.

Au-delà de la vitre il pleure quelques gouttes...
On ne saura jamais les sentiments de l’eau
Dans son épuisement à grimper au carreau,
Surgissant des abîmes où le Diable doute.

On voit à l’horizon se former une boule.
Elle hésite, grossit, se ramasse et se tait,
Au ventre des nuées s’accroche et se repaît
Des restes de naufrages que le reflux déroule.

Sous les assauts des vagues le vieux phare tient,
Droit et fier. Il abrite cette âme dont la bise
Éperdue, sarcastique, n'ébranle que l'assise:
Elle s'est ressaisie, a dompté ses hantises
Et compte si paisible chaque coup qui revient.

Pardonner chaque lueur qui bondit de la mer.
Les claques répétées lui sont une compagne
Tous deux en ont vu d'autres et tant d'autres campagnes
Et l'eau finit toujours par glisser sur la pierre.

Le prisonnier du phare sait nous chanter l'enfer
Aux notes ressassées les nuits de solitude
Tandis qu' au loin n'accouche que l'incertitude
Et ce soir elle est là, si vivante, la mer.


Merci à Jean-Pierre pour les corrections précieuses... et bienvenues!


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