lundi 21 janvier 2013

Le mil en vagues blondes



herbes.jpg


Le mil
en vagues blondes
Empoigne la savane. Au ciel qui gronde
Un nuage s’est pendu.

Grand Presque-plus-Soleil

Je n’ai plus de mémoire, appelle l’éléphant
J’ai perdu mon enfant.

Le mil en vagues rouges

Se laisse piétiner de triomphes qui bougent
Au vent blanc desséché.

Lune, facile et ronde

As-tu vu ma mémoire, toi qui est féconde
Et me laisse éperdu ?

Le mil en vagues lasses

Emiette ses pensées que l’harmattan tracasse
D’encres défendues.

Ciel en sombre mineur

Appelle les grands fauves, appelle la couleur
Sur le sol étendu

Le mil en vagues brunes

Hurle à froisser la lune
Et arrivent sans bruit les géants peau bridée

Bêtes chenues et grises

Dites-moi où se trouve ma mémoire prise
Ou trouver mon petit ?

Le mil en vagues sourdes

Oppresse la savane, la rançon sera lourde
Aux leçons des géants.

L’enfant tu as perdu

Toi, grotesque bouffon pour avoir trop voulu,
Sans jamais partager

Le mil en vagues tristes

Baisse ses épis d’or. Quand le fétu résiste
Homme signe sa mort.

L’enfant tu renaîtras

Si de chaîne d’argent tu caresses sa mère
Et partage la Terre

Le mil en vagues rêve

S’apaise  tout à coup quand le plus vieux se lève
Et tend un beau bijou.

Prends et fais bon usage

Caresse ses cheveux à en faire des nuages
Et l’enfant reviendra

Le mil en vagues danse

Pendant que la cohorte à la sphérique panse
S’éloigne à l’horizon.

Depuis aux nouveaux-nés

On offre ce collier qui dit l’attachement
Aux aubes calcinées

Le mil en vagues blondes

Empoigne la savane. Dans le ciel qui ronde
Un nuage sait, dodu.



Aucun commentaire: