jeudi 10 janvier 2013

Les stances de Sapho



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Si de la vie de la grande poétesse Sappho il ne nous reste que peu de choses, quelques poèmes nous sont parvenus et le moins que l'on puisse dire est que
ce personnage qui ne vivait que pour l'amour et la poésie ne pouvait que tenter l'imaginaire musical.

Massenet et Gounod figurent en bonne place dans cette lecture  moderne d'une poétesse légendaire. On a d'ailleurs de bonnes raisons de penser que le personnage de l'opéra est un mélange de deux personnes au même nom et destin dissemblables.

Petits arrangements avec l'histoire...

La toile  du peintre Antoine Jean Gros  
nous la représente ci-dessus sur le point de rejoindre les flots tant espérés après qu'elle eut perdu son amour Phaon.

Le clacissisme des formes inspirées de l'antique et le clair obscur de l'ensemble annoncent la peinture romantique.

Mais là n'est pas l'objet de cet article.

Je voudrais vous faire découvrir quatre belles interprétations des
Stances de Sapho extraite de l'opéra de Gounod, qu'elle chante à la fin du troisième acte avant de se jeter à la mer.  Elles sont à dessein classées sans ordre de préférence.

La première est de
Régine Crespin. Voix de velours, douceur questionnante, presque étonnée et pourtant résignée devant le gouffre qui l'attend. Est-cela le destin? Est-ce à la fois si simple et si compliqué semble nous dire cette voix retenue et profonde.






La deuxième est de Denyce Grave, jeune mezzo-soprano noire américaine.
Interprétation très propre, calme, sans excès. On comprend moins le texte que chez Crespin, il y a moins d'engagement psychologique aussi...
Beau musicalement mais de mon point de vue sans âme.





La troisième met en scène une Grace Bumbry ( autre cantatrice noire américaine) à la voix somptueuse mais un peu trop romantique. Quelques accélérations dans la diction par moments, une voix grossie exagérément et un aigu final serré et sans tenue en font plus une sorcière qu'une amante touchée à mort. Ceci dit la couleur de l'orchestre est magnifique et très prenante.





La dernière lecture de cette oeuvre est celle de
Shirley Verrett. Autre icône des chanteurs noirs américains.  Lecture pleine de sensibilité voire de sensualité, engagement total dans le rôle, une voix à la fois sombre et fruitée qui n'est pas sans me rappeler par instants celle d'une autre noire: Barbara Hendricks. L'orchestre y est d'une tension rare mais discrète. Bref, ma version préférée, incontestablement.






Bonne écoute!





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