mardi 29 janvier 2013

Lettres que vous ne lirez jamais * 2 *


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Mon Ami



Parfois, timidement je me promène en d’autres lieux par vous créés et dans une matière qui n’a jamais été mon amie.


Les Mathématiques m’ont repoussée de toutes leurs forces, pourtant je trouvais – de loin - un charme fou aux noms de ces théorèmes dont je ne savais que faire une fois plus proches de moi.


Puis- je vous dire que si vous aviez été un de mes professeurs dans cette si noble science, je vous aurais donné à l’époque bien du souci…


Non que j’y aurais mis mauvaise volonté - enfin peut-être un peu tout de même -  mais je transportais dans mes bagages un pressentiment d'échec inéluctable : je n'aurais jamais la bosse des maths.


J'avais beau me cogner de toutes mes forces sur tout ce vers quoi ma myopie me conduisait, rien n'y faisait, cela ajoutait même le piquant de l'angoisse au sentiment de n'être rien...


On ne m’a jamais dit, d’emblée, que les mathématiques étaient belles en elles-mêmes et pour elles- mêmes. Et qu'il fallait prendre le temps.

Je n’y ai vu que punition d’une faute très ancienne et collective sans nul doute reposant sur mes seules épaules.


Au lieu d’y lire munition pour l’existence.


Autant vous dire que, aujourd’hui, lorsque je découvre votre méthode d’enseignement, tout doucement, comme un enfant se dirige sur la pointe des pieds vers le placard à confiture et trempe son doigt dans la gelée, le cœur cognant et le regard plus gros que le pot, autant vous dire qu’aujourd’hui je suis assommée de regrets.


Je me souviens d’un enseignant  - à l’époque je prenais tout au pied de la lettre et ne faisais guère de différence entre sens propre et sens figuré – qui m’a un jour reproché d’ avoir complètement raté un devoir écrit dans ces termes :

« Vous n’avez rien digéré de mon cours, zéro pointé ».

 Je ne me le suis pas fait dire deux fois. J’ai lentement mais sûrement arraché les  feuilles de mon cahier qui devaient correspondre aux cours relatifs à ce devoir, les ai mis en confettis et avalé consciencieusement sous ses yeux.

Je l’ai laissé en état de choc.


L’encre ne m’a pas très bien réussi non plus.


Mais  encore aujourd’hui, j’envie l’esprit mathématique qui m’a tant fait défaut.

Une vraie et sincère vocation d’astronome fut ainsi tuée dans l’oeuf…

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