jeudi 10 janvier 2013

Leur dernière nuit



Il m’appelle Maria.
Il aime me
caresser, sentir mes reins sauvages bondir dans les forêts et par- dessus les fleuves. Sa main sans se lasser lustre ma peau de soie et fait chanter mes creux d’un feulement si rauque qu’il déchire la nuit. Il connaît tous mes rythmes et m’impose les siens.. Lorsque dans l’ombre douce il dépose un murmure , mes vibrations s’allument. Et quand il vient fourrer mes braises mes fournaises, quand il vient me chauffer plongeant jusques au col à brûler son regard mon souffle s’accélère et tutoierait le ciel.

Maria,
Ce matin le printemps
Fanfaron
Ne verra plus glisser le beau panache blanc
Le longs de tes frissons
Ardents
J’ai le cœur à  bandonéon..

Il pleut larmes de lui, j’ai mal à mes tempi pour mon dernier voyage. Il pleure larmes de suie sur l’époque évanouie des vaches regardant, assises sur leur train, passer le genre humain qui s’en va, au charbon. J’ai mal à mes wagons.

Ô tendreté d’amande du printemps qui commence,
On m’a mise à l’amende
Et revêt
Mes buissons
Aux rêves éclectiques
De grands pylônes  gris, tristesses électriques
Bandées comme des arcs sur ces voies parallèles où , seuls , nous nous aimons.

Je m’appelle Maria
Et sort clopin
Clopant
D’un monde délirant, bovidé nonchalant qui à la douceur peau d’une main noire posée sur mes muscles bronzés préfère se soumettre au joug désincarné d’une télécommande Mondialisée

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