mercredi 9 janvier 2013

Loi sauvage


A la manière de qui vous voudrez...

Ah faudrait-il, passant, que pour vous plaire

J’écrive tant de pieds, tant de phrases et mots,
Que mon vers calibré se couche au fond du pot
Comme un étron séché que va blanchir l’hiver ?

Faudrait-il que pour l’un je ponde un virelai
Un conte à son voisin, une chanson pour l’autre?
Que je tienne comptant du goût de chaque apôtre
Et vous montre mon dos quand texte vous déplait ?

Vous sierrait-il enfin que je tende badine
Quand, selon vous, n’ayant honoré le contrat
Qui me relie à vous : être telle, câline
Que vous me désirez ( douce voix de castrat)
Ma peau mériterait une tendre fessée ?

Je ne sais
S’il me convient à moi de ronger mon espace
Pour accomplir le vôtre. On veut que je jacasse
Aux couleurs de mes maîtres.
Que je sois à la fois la psyché, la fenêtre.
Jamais n'ai su porter
Ces flambeaux étiolés et veules,
Ces textes qu’on écrit pour flatter ceux qui veulent
Leur friandise prête tel jour à telle heure
Et toujours enrobée
Du papier qui leur va.

Je suis comme cette oie que le printemps gava
En attendant l'automne, ses cuissons de haine
Un beau matin s’est défaite des chaînes
Emportant avec elle un peu de son malheur.

Au doux lointain déjà sous son plumage dense
Et son ventre maigri la saveur d’une danse
Au doux loin tant des jars que de leurs lois sauvages
Un oeuf miraculé dans sa matrice pleine

Un petit mot qui chante, un oison entêté

Liberté

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