vendredi 18 janvier 2013

Maurice Blanchot, l'Attente, l'oubli



Un livre difficile qu'il m'a fallu apprivoiser

un livre sur l'amour

l'intensité de l'amour

l'étrangeté de l'autre qui ne cesse de se dérober

si loin si près


Tout ce qui bouillonne en nos pensées face au mystère de l'Aimé(e)

l'impossibilité de le (la) comprendre


J'ai éprouvé beaucoup de difficultés à rentrer dans ce livre et encore plus à en sortir

indemne

comme si ses mots à lui

c'étaient les miens remontant de très loin

une écriture remplie de redites

d'aphorismes

des passages énigmes

un dialogue amoureux désincarné

qui parle?

et puis ça et là

des fulgurances:


"Peut-être ne sommes-nous séparés que par notre présence?"


"Comme c'est douloureux cette rencontre du croisement"


"Elle parlait: la présence ne disait rien; elle s'en allait, la présence était là, n'attendant pas, étrangère à l'attente"


"Réunis, attendant de l'être"


"C'est l'attente, lorsque le temps est toujours de trop et que toutefois le temps manque au temps".


Des pages qui remuent, qui parlent avec nostalgie de l'effacement et du  silence, de la quête d'une absence tellement parfaite qu'elle en deviendrait présence, de la présence silencieuse tellement dite qu'elle ne peut s'accomplir.

J'ai été déroutée et bouleversée par ce livre.



Maurice Blanchot, L'attente l'oubli, Editions Gallimard "L'imaginaire"

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