mercredi 23 janvier 2013

Mystérieuse Bretagne * 3 * Cahire








Cahire. C'est ici que nous vivrons quelques jours durant.

Ce hameau de huit chaumières est un site classé.

Les maisons,  construites entre le XVème et XVIIème siècle, sont un exemple superbe de l'habitat rural dans le Golfe du Morbihan. Bien sûr, nous imaginons que les lieux en ces temps de révoltes et de peur étaient moins fleuris, quoique... qui sait?
Autour d'une maison à étage, nommée " La petite Eglise " , disparue depuis, s'organisa durant la Révolution française une résistance pérenne aux sacrifices demandés à l'Eglise par les révolutionnaires français afin de rétablir le culte.

Ce mouvement d'insubordination dura jusqu'en 1834, date de la disparition de l'abbé Joseph Le Leuch qui avait transformé sa maison en chapelle.

Mais nous sommes bien loin de toutes ces considérations en ouvrant la porte de notre hâvre pour quelques jours et nuités. Nous réalisons là un vieux rêve de gosse: dormir dans une maison au toit de chaume. J'ai conscience qu'en ces périodes difficiles pour nombre de mes frères et soeurs en humanité, c'est un luxe... et ne remercierai jamais assez l'ami qui y a contribué.





Ci-dessus " notre " chaumière, construite en 1653.
Ces maisons typiques sont toutes plus délicieuses les unes que les autres, avec leur jardin coquet, leur toit bruni sur lequel au matin, s'agrippe la rosée, y dessinant des paysages aux inflexions changeantes.
Nous aurons même le privilège de changer notre itinéraire un matin pour consacrer deux bonnes heures à assister, émerveillés, au travail patient et beau des chaumiers  sur le toit de l'une des demeures voisines.
Gestes lents,
vieux outils émouvants,
silence du verbe limité à quelques mouvements.




N'est-il pas attendrissant, ci-dessus adossé au flanc d'une autre maison de ce hameau, le ventre rond d'un four à pain ?

Nous retrouvons les vestiges du même type de four quoique moins imposant contre la maison qui suit, juste en-dessous de la fenêtre:





Nos fenêtres sont de petits carreaux.
Nous n'avons pas l'habitude en Gironde de telles ouvertures qui découpent l'espace et créent une vraie distance entre le cocon douillet de l'intérieur et les mystères de la nuit qui s'installe.

Chez nous, la nature rentre toute entière, sans surprise, sans équivoque, sans laisser d'elle au-dehors une petite part de ses trajets .

Cet arbre dont le tronc de vieux promeneur et la ramure encore vivace perdent un peu de leur substance dans une autre dimension de l'espace qui se nomme cadre de bois noir...  si tout à coup, il s'écroulait?

Ces ruptures de l'image, paradoxalement, sont chemins féconds à l'imaginaire, à l'intuition d'une lumière noire, d'un monde caché entre les lignes visibles.




La nuit tombe très vite et Michel sent que quelque chose se prépare au creux des troncs noircis.






Et de fait, presque soudain, la brume monte des champs alentour.
Tout est rempli d'événements que nous ne pouvons entendre
échos lumineux
mirages peut-être
ou une vie qui s'éveille d'un monde au creux du monde

Le regard glisse et se laisse happer...












 

3 commentaires:

Viviane Lamarlère a dit…


Magnifique ! Et magnifiques photos... J'aimerais bien pouvoir prendre de telles photos de nuit, mais ne dois pas avoir d'appareil suffisamment perfectionné.
Commentaire n°2 posté par Valentine le 08/11/2008 à 11h54
Je ne saurais te dire comment Michel fait, il possède deux appareils, un pour les paysages un autre pour la macro photo, mais c'est certain que ses photos sont à chaque fois plus belles... Bisous Valentine et merci!
Réponse de Russalka le 09/11/2008 à 10h02
Sans bouger de ma Lorraine
j'ai le sentiment d'avoir promené mon novembre en ces terres lointaines et douces que tu nous donnes.

Oui les petits carreaux redonnent au dehors
sa frontière
et murmurent à l'oreille de celui qui regarde
"tu es ici et c'est là-bas"
Commentaire n°3 posté par Luc le 08/11/2008 à 12h13
Merci Luc d'avoir suivi la promenade et choisi
avec une sensibilité si poétique

Oui les petits carreaux redonnent au dehors
sa frontière
et murmurent à l'oreille de celui qui regarde
"tu es ici et c'est là-bas"

c'est très beau et exprime mieux encore
ce moment de mes souvenirs qui m'était le plus intense
...
Nous partons à Paris dans une heure jusqu'à mercredi
laissant nos chats à des amis
donc... bon dimanche et début de semaine
Réponse de Russalka le 09/11/2008 à 10h05

Viviane Lamarlère a dit…


Magnifique ! Et magnifiques photos... J'aimerais bien pouvoir prendre de telles photos de nuit, mais ne dois pas avoir d'appareil suffisamment perfectionné.
Commentaire n°2 posté par Valentine le 08/11/2008 à 11h54
Je ne saurais te dire comment Michel fait, il possède deux appareils, un pour les paysages un autre pour la macro photo, mais c'est certain que ses photos sont à chaque fois plus belles... Bisous Valentine et merci!
Réponse de Russalka le 09/11/2008 à 10h02
Sans bouger de ma Lorraine
j'ai le sentiment d'avoir promené mon novembre en ces terres lointaines et douces que tu nous donnes.

Oui les petits carreaux redonnent au dehors
sa frontière
et murmurent à l'oreille de celui qui regarde
"tu es ici et c'est là-bas"
Commentaire n°3 posté par Luc le 08/11/2008 à 12h13
Merci Luc d'avoir suivi la promenade et choisi
avec une sensibilité si poétique

Oui les petits carreaux redonnent au dehors
sa frontière
et murmurent à l'oreille de celui qui regarde
"tu es ici et c'est là-bas"

c'est très beau et exprime mieux encore
ce moment de mes souvenirs qui m'était le plus intense
...
Nous partons à Paris dans une heure jusqu'à mercredi
laissant nos chats à des amis
donc... bon dimanche et début de semaine
Réponse de Russalka le 09/11/2008 à 10h05

Viviane Lamarlère a dit…


C'est ainsi que je conçoit une maison. J'ai loué une fois une maison en Bretagne, ces grosses pierres qui protègent de l'extérieur, et la cheminée qui prend tout un pan de mur dans laquelle on peut faire des grillades. Oui ça c'est une maison.
Commentaire n°5 posté par lutin le 08/11/2008 à 20h10
Voilà. Nous possédons la même conception d ela maison,
la vraie,
celle qui a éprouvé le temps dans ses pierres,
celle dont on sait de dehors que l'âtre y est grand et la flamme jamais éteinte.
Merci Lutin du partage
et de ce souvenir que mes chaumières ont réveillé.
Réponse de Russalka le 09/11/2008 à 10h08