mercredi 23 janvier 2013

Mystérieuse bretagne * 9 et Fin * Les ruines de Rustéphan






Ce sera notre dernière étape.
De ce lieu nous ne savons rien si ce n'est l'engouement qu'il suscitait chez les peintres de Pont-Aven et que son accès est entravé de fils barbelés.

Il se raconte que la fille du propriétaire originel de l'édifice - construit au XV ème siècle - tomba amoureuse d'un jeune homme que  sa foi intransigeante conduisit à entrer dans les ordres.

A l'heure même de sa prise de robe, la jeune femme mourut sous ses yeux dans l'Eglise. Depuis, dit-on, son fantôme blanc et celui du prêtre aux yeux enfin dessillés errent les soirs de pleine lune sur les murailles endormies sous le lierre.

Pour nous, les épines et fils de fer n'ont rien de fantomatique mais en dépit des interdits nous franchirons cette dernière haie vers le temps qui passe.







Le murmure du jour qui se lève sur Rustéphan
éclaire de ses fleurs de soleil encore tièdes
l'unique tour dressée
comme une apparition dans le réseau des branches.








La terre lisse
contraste  en son pain vert
avec  les grumeaux de pierres soutenant la voute.

Quelques tiges aventureuses écoutent à leur manière le seuil et les restes du tympan: 

C







Sentiment d'approcher un objet essoré par le temps
et qui en aurait conservé quelques vigoureuses marques .






Ici, tout défie les lois de l'équilibre
tout semble plonger et surgir à la fois
et cette lueur verte
comme elle nous prend...






Quand la flamme au dehors et la cendre en l'intime
quand l'ombre  claire et lueur sombre
quand le vieux fut de pierre chante comme un serpent
quand les marches perdues répètent leur absence
tout est d'un autre monde



Cette ouverture là-haut pourrait soudain tourner comme une lame
et découper le ciel de son fil abîmé

nous n'en serions surpris.






Allongés sur la terre fraîche, nous nous laissons aller à ce vertige
auquel échappent seules, dans leur fragilité, quelques plantes modestes.

Elles ne craignent pas, elles
de n'être un jour vivantes
que dans les mots de quelqu'un.
Ce





Sur la pierre une fleur de lys respire
sévère

Son visage nous suit entrant dans le départ
nos ténèbres qu'elle sonde

Il fait jour derrière nous...
Mystérieuse Bretagne.








Jordi Savall, viole celtique du XVème siècle







4 commentaires:

Martine a dit…

Bonjour Viviane,

Il me faudra revenir absolument et ne pas oublier! Ta série de pages sur cette Bretagne sont de merveilleux bijoux! Je viens de me régaler de celle-ci, tissée de rêve, de poésie sublime. Désir de découvrir les précédentes. Les peintres de Pont Aven, tu penses! :)
Merci chère Viviane pour ce royal cadeau!
Permets que j'envoie une bise amicale de loin
Martine, éblouie par sa belle lecture :)

Valentine a dit…

Quelle merveille que ces photos de pierres en ruines au milieu de la verdure sur ce fond noir ! C'est une promenade de rêve dans laquelle tu nous entraînes...

Valentine a dit…

J'ai oublié de mentionner ton texte qui est un poème en permanence...

Viviane Lamarlère a dit…

Mille merci à toutes deux en encore une fois désolée de ne pas avoir trop de temps pour les blogs, je suis en train de transférer plus de 1000 articles, des milliers de photos et de fichiers sons sur ce blog et cela me bouffe un temps fou.
Oui, Martine, Pont Aven est un village dont on ne sort pas indemne tant la luminosité qui en caresse le moindre mur inspire la rêverie et le repos.

Valentine, contente que ce voyage t'ait enchanté, la Bretagne, tu la connais si bien toi aussi!
A ce soir le plaisir de vous lire toutes deux, j'ai les enfants ( Sarah et Nico à la maison et bien du boulot jusque ce soir...) Bises