mercredi 9 janvier 2013

Nathalie Picoulet, iris de Mai





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Le travail du pastel est probablement l’un des plus difficiles qui soit.

Le bâton de pigment qui donne son  nom à cette technique de dessin et peinture tient son nom à la fois de l'italien pasta, ( les batonnets de couleurs résultent du mélange de craie broyée et de gomme végétale, parfois du lait ou du miel) ainsi que d’une plante de la famille des choux qui pendant des siècles fut utilisée pour teindre les vêtements en bleu « pastel. »
Quoique ne se mélangeant pas les nuances peuvent être superposées, effacées, retouchées.
C’est Léonard de Vinci qui sans doute lui a donné son élan et les grands peintres, quoiqu’il ait connu un relatif désamour à partir du XVIIIème siècle, ne cesseront jamais d’en utiliser les multiples possibilités expressives. Ce qui explique qu'en 1780, on comptait plus de 2500 pastellistes professionnels à Paris.

Les maîtres incontestés de cet art furent Quentin de la Tour, Millet qui superposera dans ses portraits et ses prodigieux paysages l'huile et le pastel, Degas bien sûr qui lui rendit sa place, puis  Manet,  le peintre bordelais Odilon Redon, liste non exhaustive.

Je vous renvoie à l’excellent article de Wikipédia sur le sujet.

Le mien n’est que prétexte à vous présenter une artiste française, Nathalie Picoulet, dont les portraits féminins sont d’une expressivité et d’une profondeur rarement atteinte.
On pourrait s’attendre à ce que le modèle sorte du support sur lequel son visage ou son corps ont été saisis. Quelle luminosité, quelle maîtrise des textures et des grains. Surtout quelle palette subtile dans laquelle les couleurs complémentaires ne s'écrasent jamais.
On croirait cette jeune femme pensive à la bouche encore enfantine, se réveillant d’une nuit dont les rêves ne sont pas encore éteints mais que les draps et le mur lépreux retiennent encore un peu.

Je vous laisse déguster la finesse des coloris, le travail très fouillé des plis du tissu qui dépasse et de fort loin l'exercice obliggé, l’
ovale parfait du visage la rondeur douce des bras et des épaules si féminines. Comme nous sommes loin ici des modèles anorexiques que nous vantent la mode et sa presse attitrée et si proche des portraits orientalistes d’un Géricault

le site personnel de Nathalie Picoulet

Une musique dont la sensualité rêveuse et intense
illustre bien ce tableau

Sonate pour violon et piano  op. 78 de Brahms, 3ème mvt.

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