mardi 29 janvier 2013

Orage





Je ne sais pas si c'est l'orage
        ou un chasseur dans le lointain
    cela ne sonne pas les battues magnifiques
    aux cuivres policés galopant la lumière en bouquet dans les arbres
    mais le sauvage orgueil qui retient son élan
        avant d'ouvrir les chairs et de plonger dedans
    le muffle encore taché des charognes d'hier

Les coups viennent du dos de la maison voisine
        là où le jour éteint le dernier réverbère
de la rue que bouquine un vieux soleil distrait


La crainte cavatine
        a frissonné ma peau
    cela faisait longtemps que je n'avais de fièvre
aussi bleue aussi rosse aussi large et ouvrant
        gourmandes commissures un cri au bord des lèvres

Un éclair d'eau
soudain
est venu déchirer les voiles fous du vent

Je ne sais pas si c'est l'orage
        ou une amour déçue offerte à chevrotine

Il a tonné au loin comme un coeur se destine




3 commentaires:

Viviane Lamarlère a dit…


Votre écriture érige le vivant dans sa plus féconde intériorité, l'Orage en est encore une affirmation ...
Vous êtes aussi dans mes liens (pour l'instant en bas de module, mais vous "monterez" petit à petit) .
Bien cordialement,
Alain MARC
Commentaire n°1 posté par Alain MARC le 27/03/2010 à 11h25
C'est vraiment adorable, Alain, pardonnez le retard à vous répondre
la saison est si belle que je consacre beaucoup de temps au jardin
et il en faut car après mes déboires avec la phytolaque
j'affronte cette année une poussée de ciguë assez... tremblable ;o)
Réponse de ble le 29/03/2010 à 18h41
Je rajoute un P.S. : ... je me suis amusé "mettre" les variations sur le thème du sextuor op. de Brahms, sur la 1ère image de mon récent article "Aquarelles au dernier combat de l'hiver" : - étonnant comme ça "colle" !
En tout cas merci aussi pour vos écrits en passage par mon blog !
Alain MARC
Commentaire n°2 posté par Alain MARC le 27/03/2010 à 12h10
Ces variations sont sublimes
contente de partager cette amitié là avec vous
Brahms est inépuisable...
Réponse de Russalka le 29/03/2010 à 18h43
J'aime venir dans ton pays de mots Viviane où le soleil bouquine les rues.....
Commentaire n°3 posté par ulysse le 27/03/2010 à 18h59
Tu es super chic Ulysse (sourire)
cette après midi le soleil ma lue aussi, longtemps
première vraie journée de printemps les bras nus dans le jardin
je n'ai pas vu le temps passer!!
Réponse de Russalka le 29/03/2010 à 18h48

Viviane Lamarlère a dit…


Comme Ulysse, j'aime venir et me trouver si bien dans le pays de tes mots, comme dans tes bras tendres
Commentaire n°4 posté par la calmette le 27/03/2010 à 23h04
Alors si le plaisir est là, c'est tout autant pour moi (sourire)
mille merci Jack, je te rajoute à mes liens, j'avais oublié de le faire...
Réponse de Russalka le 29/03/2010 à 18h51

Quelle belle écriture sensuelle qui délivre toutes les émotions de l'orage fondues avec le corps et l'âme. Cela relie à nouveau au plaisir des mots; ceux-ci parfois sont durs et éloignent de l'écriture, mais point ici. Ton premier lien ne fonctionne pas. Amitiés
Commentaire n°5 posté par alice le 30/03/2010 à 12h02

Tu es adorable Alice, j'aime l'orage, j'y perçois toujours, depuis toute petite, les épousailles de la terre et du ciel, sans doute ceci explique-t-il la sensualité

le lien qui ne fonctionne pas correspond à un article perdu et jamais retrouvé... Mille merci
Réponse de Russalka le 01/04/2010 à 15h03

Viviane Lamarlère a dit…



Peut-être un roulement de tambour annonçant le printemps. Je me suis faite rare, j'avais à faire une peinture qui me trottait dans la tête comme une obsession. Me voilà heureuse de lire à nouveau.
Commentaire n°6 posté par lutin le 01/04/2010 à 00h16

Il me plait de t'imaginer peignant! Moi aussi je suis plus rare sur les blogs le jardin me happe et aussi mon piano (sourire) et le reste . Bravo encore pour tes tableaux, ils dégagent beaucoup de mystère et de sensualité.


Réponse de Russalka le 01/04/2010 à 15h27