samedi 19 janvier 2013

Orchidées sauvages de la butte Launay en Gironde







Depuis quelques semaines et jusqu’à la mi-juillet, les orchidées  sauvages fleurissent un peu partout, le long des petites routes, des vignes mal entretenues,  dans les champs éloignés de la circulation.

De cette fleur magnifique nous sont familières la gousse de la vanille et les orchidées exotiques vendues à l’unité chez les fleuristes dans de minuscules vases et sous abri de cellophane.

Nous connaissons moins les trésors minuscules des fossés de nos régions et des prés qui ne respirent que de loin les engrais ou même l’eau. L’orchidée a en effet besoin  de sols non pollués et elle est à ce titre un excellent indicateur de respect écologique d’un  terrain donné, sur lequel elle peut prospérer en se suffisant de peu de choses.

La pauvreté lui va très bien.


Dans un monde gavé de cosmétiques, d'engrais, de surenchère consommatrice et de retouches, cela réconforte profondément et procure beaucoup de paix de ramper dans les herbes et contempler de si près ces merveilles incomparables qui ne s'offrent au regard que dans le silence et la quête lente et sont si économes pour assurer leur survie.

Agée de 86 millions d’années, si l’on en croit les dernières analyses de pollen, cette famille botanique compte environ 30 000  espèces.

A 28 km de Langon, dans la commune de Cazaugitat, petit bourg d’à peine 223 âmes, se trouve un paradis des orchidées. 
Cazaugitat est un mot de langue Gasconne Girondine qui signifie Jardin
( Cazau ou Casau)  jeté ( Gitat).

A la sortie du village s’élève une colline assez vaste , surmontée d’un pigeonnier que les lierres et ipomées ont recouvert de leur fantaisie.



Selon la  légende, Dieu aurait jeté  sur la butte de Launay, tel est son nom, ce qui lui restait de semences de fleurs, oiseaux, papillons et lézards peu affolés de présence humaine.  Il y a un bon mois déjà, nous l'avons parcourue en quelques heures passées trop vite: on pourrait  y consacrer des journées entières à quatre pattes et dans l'émerveillement complet...


La campagne alentour est sans angles aigus ni brutalité de ces constructions ou pancartes qui défigurent tout chez nous. Le silence qui y règne est incomparable.
Il y pousse en parfaite harmonie, au milieu de plantes minuscules et de graminées, environ une vingtaine d’espèces d’orchidées dont la floraison s’échelonne entre la mi-avril et la mi-juillet.

Nous en avons croisé treize en fleurs et une quatorzième en cours de floraison, Orchis bouc. Vous voyez ci-dessus en perspective l'espèce la plus accessible au regard,  Pyramidalis, dont le  pimpant qui va du rose pourpre au rose très pâle se détache nettement en hauteur et couleur au-dessus des plantes de toute nature.


Voici une Anacamptis pyramidalis
ses multiples fleurs ont la taille d'une fleur de muguet:


De plus près en début de floraison:


Chaque fleur possède un territoire mais Anacamptis Pyramidalis se plait de compagnie avec les autres, que voici:


Céphalanthère longifolia:


ici en gros plan:


Ophrys apifera ( semblable à une abeille)
dont le sourire grand ouvert est réjouissant:




Ophrys Scolopax
que je trouve très émouvante
dans ses oppositions de couleurs:


En gros plan



Orchis anthropophora, ou l'homme pendu,
pour ma part je trouve qu'elles ressemblent à des petits poulpes
et en aime beaucoup les lignes pourpres qui les traversent:




Une Serapias vomeracea
(
qui ressemble au soc d'une charrue,
ou à un os de la cloison nasale, le vomer)
dont l'espèce pousse à foison
 un Argus la butine
qui parut s'exposer à notre regard avec beaucoup de complaisance:




Orchis pourpre, très féminine:



Une discrète Serapias lengua:



Une délicate Dactylorhiza fushii:



Une Orchis ustulata:



Une Platanthère Chlorenta , danseuse assise sur son tutu,
qui semble nous regarder avec étonnement:


Enfin, ci-dessous, Ophrys Insectifera,
ma préférée, ses fleurs sont de la taille d'un  grain de riz.

Je ne vois pas de ressemblance avec des insectes,
mais plutôt des petits hommes chapeautés et au gilet parme.
 Elle prolif.ère en certains endroits de la colline,
on marche dessus tant elles sont petites et nombreuses et cela fait peine,
on a l'impression d'écraser réellement un petit peuple en train de s'envoler:







Hélas, cet endroit qui semble ne pas avoir changé depuis la nuit des temps et que les villageois respectent, allant jusqu'à pratiquer alentour une agriculture sans engrais,  est depuis peu envahi de motards et autres engins à quatre roues tout-terrains qui en défoncent la terre en tout sens.

C'est un peu un appel au secours que je lance là, car ce site qui a résisté à la destruction humaine jusqu'alors devrait être classé et définitivement hors d'atteinte des vandales motorisés.

Durant notre promenade, nous avons croisé quelques énormes lézards qui m'ont filé entre les pattes et semblaient m'attendre...
Et de bien étranges papillons, l'un d'eux, un Ascalaphe., ( merci Richard de la précision)  s'est laissée photographier avec un plaisir évident



Et puis le plaisir au milieu de ces fleurs primitives aux formes élaborées, de fleurs plus courantes, telles ce discret Sceau de Salomon ( Polygonatum odoratum ), que l'on ne remarque plus. Michel a su saisir ici la transition si douce du blanc au vert avec un talent incroyable.




Et au retour, des iris sauvages se mirant dans une flaque:



dewplayer:http://s3.archive-host.com/membres/playlist/1543578952/05LePapillonEtLaFleurOp1No1.mp3&


Gabriel Fauré , Le Papillon et la fleur

texte de Victor Hugo

par Véronique Gens


4 commentaires:

Viviane Lamarlère a dit…

Un véritable trésor cet article, merci ...
Commentaire n°1 posté par marlou le 23/05/2008 à 10h33
C'est gentil comme tout, Malou, merci de ce retour, tout lez mérite en revient à Michel
cadeau une autre qu'il avaiot photogreaphiée le matin même



Viviane Lamarlère a dit…


Qué festival !
Des fleurs sauvages comme je les aime, à foison. Je pense que tu n'ignores pas que le mot "orchidée" signifie en grec [orkhdion] 'petit testicule' exactement comme le ch' ti 'biloute" signifie 'p 'tite quéquette'... Je dis juste ça pour te mettre de bonne humeur et te faire rire un peu. (°!*)
Ma préférée est sans discussion possible orchis ustulata (car comme moi elle est un peu brûlée même si c'est à tort qu'on l'a classée dans les 'orchis'.) Elle est vraiment somptueuse !
Et puis pour finir un festival en beauté d'autres fleurs & papillons (là où il n'y a pas de zygène il n'y a pas de plaisir !) Une musique de Fauré, un texte de Totor et la voix sublime de Véronique Gens... Que demande le peuple ?
Merci à la fée des champs ! (Des chants ?)
Bonne journée Viviane !
Commentaire n°2 posté par Merlin le zeteticien le 23/05/2008 à 10h53
Alors nous nous retrouvons encore une fois dans cette amitié pour la natrure. oui, jer connaissais l"origine de ce mot mais ton petit nom donné à al fleur masculien ;o)) me plait bien aussi ...
Tu as rzuison
ustulata est dpuis peu classée dans une autre famille, grâce à la génétiquez mais je serais vbien incaapble de dte dire laquelle.
Elle est en effet somptueuse et me plait bien davantage avec sa robe espagnole qu'orchois pourpre que je trouve un peu orgueilleuse et déjà trè!s fleur de fleurister.
Et puis Véronique Gens s'imposait etsurtout dans cetair qui colle si bien à nos rnecontres de ce jour là.
Pour toi, cadeau, une que Michel n'avais jamais vue et que j'ai trouvée toute seule, nous attendons qu'un ami les voie pour nous dire le nom d'après la photo car nous ne cueillons rien, péché mortel!Je suis super heureuss e que tu aies apprécié, Merlin, mille bidsous.



Réponse de Russalka le 23/05/2008 à 18h05

Viviane Lamarlère a dit…


J'ai suivi votre promenade à pas lent
avec un très grand plaisir ponctué d'émerveillement
que ces fleurs sont belles
j'y ai reconnu au passage certaines dont j'ignorais tout et dont le nom que tu me donnes ici (j'espère parvenir à en mémoriser quelques uns) me permettra de conserver un peu mieux l'image au fond de la boite en calcium.

C'est drôle, j'ai cru vraiment que tu avais mis un petit soldat comme tu le décris, au sommet d'une des fleurs (Ophrys Insectifera, ) lorsque, faisant apparaître l'image complête je me suis rendu compte que cette ressemblance à laquelle tu faisais allusion, m'avait complêtement blousée.

Merci Viviane de cette ode à l'être qui permet de comprendre la vie.

Je me suis même réconcilié un peu avec certaines d'entre elles que j'ai toujours trouver beaucoup trop prétentieuses et impudiques
à présent elles me semble simplement terriblement fleur (sourire)²
Commentaire n°3 posté par Le bateleur le 23/05/2008 à 12h16
C'est trez beau c equie tu dis
ce sont des champs comme tu els aimùerais, les fleurs sont petites, pas prétentieuses du tout, comme toi je n'aimais pas els orchidées, toujours trop comp^liquées de formes
mais depûis que j'ai faitr la connaissance des orchoidées autochtones, je suis conquise et ne rêve que d'y retourner souventr.

Les noms sont très parlant même à la néophyte que suis (sourire)
et puisque tu es réconciliée aevc elles, voixcid'une part une photo du pré qui donnera idée d ela densité





et puis en plus gros un des petits soldats, l'air héberlué, nous en avcons des dizaines, tous sont diffénretns, tous ont une expression différentez...




Merci Luc




Réponse de Russalka le 23/05/2008 à 18h11

Viviane Lamarlère a dit…


A mon tour d'exprimer mon admiration devant tant de connaissances et, il faut bien le dire, une telle qualité de photos... On rêve (avec Véronique Gens toujours au meilleur de sa forme !)
Commentaire n°4 posté par Valentine le 23/05/2008 à 12h19
Tu sdais je n"y connaiz rien, et vraiment le émritre en revient à Michel qui sairt si bien saisir dans son objectif les petites choses presque pas visibles
oui, c'est du rêve et du repos pour l'âme quand en dépitr d'un ciel laiteux on peut respirer un air pur, dans le silence etv la beauté
pour toi, qui aimes aussi Véri-onique, un petit bouquet cueilli ce jour là ;o)) bisous






Réponse de Russalka le 23/05/2008 à 18h13