jeudi 10 janvier 2013

Sabbat


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Une nuit
de Sabbat, j’ai rencontré ses
yeux
D’émeraude,
Sombré
Entre ses mains si douces, brunes et maraudes
Et ses ailes d’archange et son beau corps boiteux
Ont vibré au-dessus de somptueux déserts.


Il m’a conté le monde aux vagues concentriques
La séduction du vide
La chute et ses parois
Accrochées à la voix
Qui dévisse glacée,
Repoussée
Par
L’effroi.

Il m'a conté le froid
Et les grappes de vies qui effeuillent du Même
L’éternel retour.

II m’a parlé d’Amour.

Il m’a parlé du Temps
Rongeur des pièces d’or et du fer et des songes
Il m’a parlé du sens
Qui n’en a jamais eu et n’en aura jamais.


C’est la nuit du Sabbat, il m’invite à sa table
On y boit, on y danse
Mais son regard est triste. Je voudrais tant, ce Diable
Le prendre dans mes bras et serrer sa naissance
Meurtrie contre la mienne
Eteindre sa souffrance
Eclairer tous ses puits.

Sa pensée coule en moi
Il entrouvre ma bouche et y pose semence
Il creuse
Mon désir
Si profond,
Si troublant
Creuse, rocaille, lisse et chausse  ma jouissance,
Et j’aspire ce cœur, la pointe de sa lance
D’où jaillit en fontaine l’arbre de connaissance.

Dans la nuit du Sabbat j’ai rencontré ses yeux
D’émeraude,
Sombré,
Me suis offerte
Sur la table taillée dans la lumière verte
Ma chair était fiévreuse et son ventre était feu.

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