mardi 15 janvier 2013

Tamel, Ronces





Dans sa geste qui suivait la ronde du soleil, le village des Hules s'était posé pour un temps sur une belle colline.


Quelques futaies giboyeuses entourées d'une ceinture de ronces en bordaient les chemins creux. Ici où là chantait une source, cancanait un étang, détalaient mille bêtes au pelage fauve ou gris.


- Voici la terre idéale pour nous nourrir quelques saisons!  avait clamé le chef.

Que tous se mettent au travail !


De cette terre riche et noire qui s'attachait au pas surgirent des chaumières dont la pierre de grain fin garderait fraîcheur ou chaleur selon les temps.

Enfin rassuré pour son toit,  chacun entreprit d'écarter de ses mains le désordre semé là durant des siècles.


Et bientôt, en lieu et place des ronces, orties et autres indésirables, poussaient le gai Cosmos, le Grenadier et mille coloquintes.


- Tamel !!! Tu aimes la gelée de mangue? Oui...Tu l'aimes. Alors cesse de déplacer nos jardins et vergers chaque jour à l'autre bout de la comté.

...


- Damousse, entends tu le silence de la forêt?

- Oui, Tamel, je l'entends. Il n'y a plus d'ailes ni de poils entre les arbres. Nous n'avons pas mangé de lièvre depuis des semaines. Mère est triste, aussi, et de plus en plus grise. Il lui pousse des piquants.

- Viens m'aider.


Le lendemain eut lieu une récolte merveilleuse de mûres et quelques lapereaux et perdrix terminèrent leur course dans la grand-fête improvisée.
Personne ne se plaindrait plus jamais de ces herbes que l'on dit sauvages.

- Dis, Tamel, tu crois qu'ils ont eu mal quand on leur a arraché leurs épines?

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