lundi 14 janvier 2013

Voyage au bout de mon jardin * 1 *







La première impression est celle du désordre.

Nous laissons  le plus souvent Dame Nature planter sur notre terre aride faite pour la  vigne
ce qui y poussera sans engrais ni arrosages autres que ceux du ciel . Pas question de gaspiller cette richesse commune : l'eau.


C'est un fouillis de roses anciennes et de pois de senteur épousant les branches d'un grenadier qui accueille le visiteur.



Lorsque nous avons pris racine dans ce petit village, il y a 25 ans, la maison nous a tout de suite plu :  elle se trouvait dans une impasse et donnait sur le bois longeant la voie ferrée qui relie Bordeaux à Milan. Le bruit des trains la nuit était perpétuelle invite au voyage .
Le chêne d'Amérique qui surplombe le portail était à l'époque minuscule. Aujourd'hui il est accompagné lui aussi de roses fantasques et enchante nos automnes de son feuillage de feu.







Oh, il reste bien quelques mauvaises herbes au pied du portillon me direz-vous!
Et je vous répondrai que c'est délibéré. Si on veut maintenir vivant un écosystème, il ne faut surtout pas arracher tout ce qui dépasse au prétexte d'obtenir quelque chose de lisse. Car c'est aux petites bêtes qui en nourrissent de plus grosses, au monde minuscule qui soutient nos pas, donc à nos propres existences, que l'on porte alors atteinte.


Voici ce que vous verrez sitôt franchie cette arche de fleurs et d'arbres:



En lieu et place de cet escalier et du  Catalpa ( mot Cherokee signifiant " Haricot " ) se trouvait à l'origine un muret de béton long d'une quinzaine de mètres qui soutenait un terre-plein étroit donnant sur la forêt. D'anciennes carrières y ponctuaient les futaies de leurs cavités et leurs pentes. Des carrières
Nos enfants s'y construisirent longtemps des cabanes. Et puis un jour, il y a 20 ans de cela, la SNCF manquant de liquidités mit en vente son patrimoine terrien. Pour une bouchée de pain nous avons acheté deux hectares de ces bois.

Vint la tempête de décembre 1999 qui dévasta tout sur son passage.
Un voisin horticulteur et son équipe ont alors démoli le muret,  coupé les arbres et désouché la moitié  de cette forêt presque esssentiellement constituée de pins et d'acacias, conservé quelques jeunes chênes, tilleuls, frênes, érables, chataigners jusqu'alors étouffés et pour finir mis à niveau l'allée  qui descend du portail blanc vers ce début de pré.

Nous avons laissé le tout en friche des années durant, nous contentant d'aménager cet escalier fait de traverses de chemin de fer, vite envahi de lierre et au-dessus duquel s'est planté tout seul un pommier sauvage.

Aujourd'hui, l'escalier mène au coin bonsaï de Michel qui jouxte une terrasse bien agréable l'été pour déjeuner au grand air:






Sur cette photo qui date de l'an dernier,  on voit bien que l'arrière plan est fait de débris de jardin.
Pendant des années, afin que cette terre de Graves s'enrichisse , nous avons laissé croître des plantes parasites  qui ont contribué à fabriquer de l'humus.

Chaque hiver, l'espace, pour peu de temps propre de ses envahisseurs saisonniers,  nous donnait idée de la croissance des arbres.
Mais pour cacher cet enchevêtrement assez moche au printemps et en été nous avions remplacé l'ancien muret de béton par un mur de bois de chauffage...

Aujourd'hui, le pré s'est semé de belles graminées apportées par les oiseaux, d'herbes de toutes sortes qui nous évitent de planter un gazon, donc de gaspiller de l'eau.
Nous avons acheté un tracteur, des faux,  des fourches et râteaux et au travail!

Le soir,  depuis mon escalier du rail, je vole jusqu'au bout de ces pentes douces, m'arrêtant un instant sous ce chêne qui désormais touche le sol de ses branches lourdes.

Je viens d'aller verser sous son ombre des morceaux d'un cèpe de Bordeaux trouvé dimanche par Michel , trop véreux pour être consommé mais macéré dans de l'eau comme le faisait mon grand-père qui semait puis récoltait ses cèpes ainsi. On verra bien...

Le tilleul embaumait.


Et depuis ce matin le Catalpa a fleuri et nos plants de tomates prospèrent après la généreuse pluie:










 

3 commentaires:

Viviane Lamarlère a dit…


Cette fois ci j'ai vu des fleurs
un jardin qui tient ses promesses c'est bon signe (sourire)²

J'ai pensé au "train du matin" lors de ton évocation de ces paysages de bord de chemin de fer.
J'aime beaucoup ces terres que la nature reconquiert peu à peu sur l'homme
tout en y conservant le meilleur de l'effort des bras.

Un petit paradis dont tu nous fais ici cadeau ... pour un temps
Commentaire n°1 posté par le bateleur le 17/06/2009 à 14h59
Ah... Alors (sourire)
Chez nous la terre est telle que sur la photo prise en bas de mes pieds, dure comme les cailloux dont elle est faite:




Peu de plantes y prennent, je ne peux même pas envisager d'y planter des fleurs déjà grandies en serres. Je dois planter directement les graines en pleine terre et vient qui vient...
Oui, nous essayons de ne pas faire de ce jardin quelque chose qui contredise les lois de la nature locale
et puisque tu parles du Paradis , les fleurs du grenadier se sont ouvertes ce matin sous un beau ciel bleu




mon arbre de fécondité nous annoncerait-il un paradis en fleurs?
Tous mes semis sont en train de sortir de Terre. J'attends, j'espère.
Merci Luc de la ballade et de l'évocation d'un livre de Dhôtel que je n'ai pas encore lu mais qui fait lui aussi partie des promesses que je me suis engagée à tenir (sourire)
Réponse de Russalka le 18/06/2009 à 13h23

Viviane Lamarlère a dit…


J'ai essayé vainement de te mettre un commentaire du conservatoire, mais rien à faire. Quoique meilleur informaticien que Robert, Jean-Benoît est un peu opposé à internet si bien que beaucoup d'additifs ne sont pas installés, et je suppose que c'est pour cela. Quant au collège, je m'y heurte à un autre problème : on m'y fait recopier parfois plusieurs fois de suite des images de lettres et de chiffres ! Je suppose que c'est parce que je suis connectée en réseau.
J'admire ce Jardin romantique, résultat d'une longue cohabitation... Robert s'opposait à ce que je tue les mauvaises herbes de son jardin, par souci d'"écologie". Je vois que tu partages cet avis. Moi j'aime faire du "nettoyage" mais j'ai une collègue qui m'a fait récemment les gros yeux en me disant "j'espère que tu ne mets pas de Rondup!". Dans les plates-bandes, j'arrache tout à la main. Par contre sur les bords de pelouse, contre les murs ou sur les terrasses j'arrose de désherbant. J'ai peut-être tort. L'expérience me montrera peu à peu comment faire.
Commentaire n°8 posté par Valentine le 18/06/2009 à 22h26
Hé bien... Que de complications avec internet... Tu me diras, j'en ai tout autant car depuis quelques semaines, cela fonctionne de moins en moins bien chez nous: airport ( la connection sans fil) se déconnecte en permanence, nous devons être trop nombreux pour ce que supporte le réseau local.
...

Pour ce qui est du jardin, non, je ne mets pas de rond up. L'allée qui va vers la porte d'entrée est de gravillons mais avec le temps l'herbe a pris le dessus, alors je trie, cela prend un temps fou. Et puis en ayant par dessus la tête de trier, cette année j'ai semé des fleurs des champs (coquelicots, paquerettes, mauves) en espérant que ces graines prendront racine en lieu et place de ces mauvaises herbes mangeuses de pierre, comme ça, au moins ce qui poussera ne sera pas moche ;o))

Le long des murs, je coupe au ciseau les herbes et graminées, pour laisser un fond de verdure qui empêche le déssechement. Mon grand père faisait ainsi, je prends la relève, mais tout en ignorant si cela est fondé ou pas. Par contre j'arrache tout ce qui pourrait risquer de soulever la pierre ou s'y incruster, tels le lierre quand il veut pousser ailleurs que là où j'ai décidé qu'il pousserait , les pousses d'arbustes et autres grosses tiges ligneuses ( un de mes voisins a un biggnognia qui se sème aprtout!) . parfois c'est tellement dur à arracher que je me retrouve par terre , c'est vrai. Bah. On se relève!
Bisous Valentine et bon jardinage.
Réponse de Russalka le 19/06/2009 à 14h45

Viviane Lamarlère a dit…

Juste un lien pour ce soir :

http://www.deezer.com/#music/album/126671

mais promis je changerai les paroles en vert et contre tout.
Commentaire n°9 posté par Merlin le 18/06/2009 à 22h46
Coucou Merlin, contente de te retrouver ;o)
Je suis allée sur le site, et pense avoir découvert ce que tu voulais me faire entendre

Mais j'attends que tu aies retrouvé ton rythme et t'envoie de gros bisous de jardinière un peu crevée
Pour ta Douce et toi ces roses " de Funes " encore en boutons que je viens de photographier à l'instant sur fond encore vert de Belles de jour et avec le minuscule rayon de soleil qui a illuminé cette journée fort grise ma foi...