mercredi 27 février 2013

Bocklin et Rachmaninoff, l'Île des Morts





Découvrir le tempo à 5/8
  imitatif du coup de rame de Charon

trois temps pour rentrer dans l'eau, deux pour en surgir...
rythme et motif mélodique obsédants
entrecoupés de haltes résignées, presque paisibles.



bocklin.jpg
Sans doute les arrière-saisons se prêtent-elles à ce type de sentiment,
à la douce brutalité du morose.

Dans ces moments-là je cherche une harmonie entre ce qui se passe dans ma tête et au-delà de la fenêtre.

C’est en général gris. Nuancé d’or et de noir
d’un  peu de blanc aussi
la chair en filigrane avec sa solitude et ses inaboutis
pas de couleurs violentes.

Il me revient alors en pensée une toile sublime
et une musique créée en écho à cette toile
elles m’entraînent toutes deux
si j’ose cette formulation
dans une mélancolie jubilatoire
le désert
le silence
n’y sont plus ces lieux inhabités où grandit le stérile
mais au contraire des poches de vie à naître


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Cadeau pour vous
deux des merveilleuses toiles de Bocklin dont on pense qu'elles furent inspirées par le cimetière de l'Ile de San Michele à Venise et qu'il a peint en cinq exemplaires, tous différents et qui ont inspiré à leur tour de multiples artistes.
Il se trouve dans ces bleus un peu confus ou cette palette de gris
des échos aux agitations de l'âme
une incitation à trouver dans l'absence
le silence ou la profonde solitude
cette amitié pour soi que l'on voit plus clairement dans les voyages au long cours.

Regardez ces cyprès comme ils bougent...

Et en lien musical la malheureusement trop méconnue Ile des morts de Rachmaninov dirigée par le compositeur lui-même… quel climat! Le leit-motiv très wagnérien de la mélodie ( do-mi bémol - ré - do ) et du rythme balancé 1-2-3/ 1-2 nous font monter dans cette barque que Charon va mener à son port,  ne s'arrêtant que pour souffler un peu et peut-être permettre à son passager de découvrir en douceur ce qui va être son dernier séjour.

Une thématique simplissime que sert, crescendo, une orchestration puissante, très évocatrice de l'angoisse, de l'eau, du chemin interminable, de l'invisible effleuré,
une musique emplie de questions et de révolte,
de lumière et de ténèbres
de résignation enfin... Il y a quelque chose d'implacable dans cette oeuvre qui est sans doute le dernier grand poème symphonique romantique écrit.




Ci-dessous l'intégrale de cette oeuvre majeure du compositeur russe en exil. On oublie si souvent de se représenter ce que peut être pour un homme d'être déraciné, la tristesse profonde, le trajet intime que cela suppose.






2 commentaires:

flipperine a dit…

de jolis tableauw

aimela a dit…

Je ne connais pas ce peintre mais je vais m'informer car les toiles que tu as déposé sur ton blog me plaisent bien .