mardi 5 février 2013

Chasse au puma




La Chasse au Puma
Souvenir authentique..
Pas de quoi être très fière mais encore bouleversée.
Guyane 1977.

Nous habitons Montjoly, au bord de cette mer chocolatée parfois sujette à de petites colères épaisses.
Cayenne est le Tanger de l’Amérique du Sud. On y croise le monde entier.

Mais voilà que la vie va un jour mettre sur notre chemin un safari man dont le travail de mercenaire consiste à capturer vivants des animaux pour les cirques et zoos Européens.

Encore trop jeunes pour comprendre que cela procède de la destruction de la planète, nous nous embarquons dans cette aventure douteuse, avec tout l’internat de l’Hôpital Jean Martial.

Traversée en pirogue à moteur le long de la mangrove, ces pirogues qui flottent merveilleusement sous l'eau, puis crapahutage en forêt jusqu’à cette clairière inattendue où l’homme en question, qui est déjà venu en repérage, nous montre des traces de biche et de puma.

Un jeune puma.
Le gars a du métier, il est déjà venu dans le département et connaît la jungle comme sa poche. Habillé comme dans un film, il a conçu un plan béton : une cage de bambou à l’intérieur de laquelle pavoise un coq, appât gonflé de lui-même qui, dans la nuit,  mettra  en carafe le système de ressorts censé piéger le fauve. La Nature a ses exigences de liberté et de communication entre espaces-espèces, sans doute..
Le lendemain, l’équipe vient vérifier que le jeune puma s’est bien fait prendre à ce jeu…. Et repart déçue.

Nous décidons mon mari et moi de faire bande à part, d’autant que l’aventurier du cirque Machin... nous agace sérieusement de ses prétentions et sa logorrhée.

Michel est passionné de botanique. La Guyane est un paradis pour qui aime les plantes et je retrouve dans cette odeur d’humus si particulière aux forêts les plus vieilles du monde des brassées de souvenirs de ma terre Africaine.

De fougères arborescentes en banacoco, nous laissant guider par le métal des morphos, nous finissons par nous retrouver nez à nez avec... le jeune puma .

Une belle bête, dont le pelage se situe entre le gris tourterelle et le chamois.
Un museau tout blanc et de magnifiques yeux cernés de khol.
Des patounes à avoir envie de se faire griffer. Nous n’avons pour arme qu’une machette.
Nous tombons en arrêt les uns devant l’autre. A vingt mêtres à peine.

Instinctivement nous nous accroupissons.
L’animal reste debout et nous hume .
Le plus lentement possible, mon mari pose au sol son « arme ».
Et nous ouvrons tous deux les paumes de nos mains  tendues vers lui.
Il se couche alors. Regarde ailleurs comme ces chats entre eux  lorsqu’ ils veulent se signifier qu’il n’y aura pas d’agression. Entreprend la toilette de ses griffes.
Puis il se relève et repart dans la direction opposée.
Le tout aura duré une bonne vingtaine de minutes
d’une intensité et d’une qualité rare
Rencontre inoubliable…
 
 
 

5 commentaires:

Anonyme a dit…


un truc qu'on aimerait tous vivre !! surtout cette durée, rare pour un animal sauvage ! moi j'ai vu pendant 2 secondes des éléphants nains (très rares) dans une forêt gabonaise sympa , mais bref :-) je pars en vacances / retour dans 20 jours bises +++
Commentaire n°1 posté par marc le 22/07/2007 à 11h45
Oh oui, un souvenir rare. Je vais reposter un jour prochain la photo de ce petit éléphant avec lesquel j'ai été élevée à Abidjan, par contre, j'ignorais l'existence des éléphants nains.

Passe de bonnes vacances Marco, je ne t'oublie pas pour ce que tu sais, mais tellement de boulot et les jambes hum... Bisous +++ à toi aussi.
Réponse de Russalka le 22/07/2007 à 22h25
Je me retrouve à mon tour sur la paille car je n'ai pas retrouvé le tableau... Chasse au puma ou chasse au tigre, moi je préfère la chasse au dahut.
Commentaire n°2 posté par Merlin le z�t�ticien le 22/07/2007 à 14h22
Quel tableau cherchais-tu?
la chasse au dahut, cela me fait rire ce que tu dis parce que quand nous étions dans les pyrénées, sur une petite montagne il y avait des traces sur tout le pourtour d'une montagne, comme une grande spirale qui entourait la montagne et nous avons réussi à convaincre nos enfants que c'était un dahut qui vivait là ... c'est pas gentil je sais...
Réponse de Russalka le 22/07/2007 à 22h17
je te jalouse viviane d'une telle expérience, j'écoutais il y a peu à la radio le même témoignage face à un lion et le spécialiste ayant vécu cette peur de dire, il faut parler doucement sans peur, juste vers l'autre merci pour la poésie et l'évasion
Commentaire n°3 posté par daniel le 22/07/2007 à 15h37

Anonyme a dit…

e crois que face à un lion, nous nous serions sauvés à toutes jamabes, mais le puma n'est pas un fauve qui attaque l'homme (sauf famille de petits à protéger?) en plus c'était un jeune il était... je n'ai pas de mots pour décrire cette bête, c'est mon animal préféré avec la chouette et le chat et le corbeau. Il était d'une beauté et d'un calme resplendissants...
Réponse de Russalka le 22/07/2007 à 22h23
Ben le tableau de la sieste ou de la méridienne du 17 juin. J'avais cru que c'était juillet. Mais j'ai lusu* ta réponse à l'article ad hoc... J'en ai organisé des chasses au dahut ! C'est très formateur pour comprendre la sélection naturelle et l'évolutionnisme darwinien. Ainsi, si une patte est plus courte que l'autre on est amené aussi à devenir un globe-trotter? Je n'ai pas effectué les mesures, mais le modèle me donne avec une courbure de 40000 km pour un diamètre de 12756,2 km. Ce qui fait que la différence hauteurs de pattes d'un globe-trotter est de 0,4 mm. Moi, j'ai un peu plus mais c'est parce que je suis hyper adapté. (°!*) * Forme très correcte du participe passé du verbe lire en normand...
Commentaire n°4 posté par Merlin le zététicien le 22/07/2007 à 22h35
0,4 mm, si peu que cela? Nous qui avions envisagé des différences de l'ordre de la dizaine de cm, nous ne sommes plus crédibles (sourire) ( l'avons nous jamais été????)

Mathilde nous en a beaucoup voulu car elle passait sa biologie cette année et nous a dit " tu te rends compte du ridicule si en tombant sur un sujet sur l'évolution des espèces j'avais osé parler du dahut! oooppps....

Bisous
Réponse de Russalka le 23/07/2007 à 10h36
Quel régal, de lire ce témoignage! Oui, merci du partage! ça me fait penser à "Survivre avec les loups" (j'ai oublié le nom de l'auteur), un récit autobiographique hallucinant... Il faut boycotter les cirques ravisseurs d'animaux de toutes sortes. J'ai emmené Marie (5 ans et demi) dans un petit cirque régional (clown ; magie; jonglage; acrobaties diverses...) elle s'est régalée, et moi aussi!
Commentaire n°5 posté par mireille le 23/07/2007 à 23h03
C'est marrant chez nous aussi passe souvent un petit cirque sans animaux, un cirque de baladins dont les seuls fauves sont des chats et un tout petit chien. ceci dit j'aime voir de beaux animaux dans les zoos, mais il est tellement rare qu'ils soient bien traités. Dans notre région il y avait un zoo où les animaux vivaient en liberté, même le vieux lion qui ne faisait de mal à personne, hélas le propriétaire est mort en soignant ses mambas verts qui eux étaient en cage et l'un d'eux l'a mortellement mordu (cela prend une minuet de mourir de cette morsure)
depuis, j'ai peur des zoos...
Contente pour toi et ta petite Marie (j'adore ce prénom, c'est celui de ma belle fille)
Réponse de Russalka le 24/07/2007 à 09h25

Anonyme a dit…

l est dit que l'animal perçoit si on lui veut du mal ou non...

Le destin vous a offert ce moment privilégié à Michel et toi, deux amoureux de la Nature et des bêtes !
La beauté d'une rencontre mémorable avec ce splendide félin face à laquelle vous avez eu une réaction saine et courageuse !
Merveilleux Viviane... Bises
Commentaire n°7 posté par Corinne le 06/12/2009 à 11h42
Rencontre d'un autre type, tu as raison
mille merci Corinne de ce regard encore enfant ;o))
Réponse de Russalka le 08/12/2009 à 14h06
Souvenirs d'une autre vie, là-bas, et croisement du même regard fauve... souvenirs
Commentaire n°8 posté par Vénus callipyge le 08/12/2009 à 02h23
N'est ce pas qu'ils sont beaux les pumas guyanais?
Souvenirs souvenirs... sourire à toi Vénus
Réponse de Russalka le 08/12/2009 à 17h19

Helder Serpa a dit…

Je vous ai suivie dans votre pérégrination. Mais je souffre! il me semble que l'accès à votre poésie est devenu moins simple! Or, je réclame votre poésie! Guidez-moi!

Viviane Lamarlère a dit…

Mille merci Helder, de cette suite. Si vous voulez retrouver les poèmes il suffit de clicquer sur les liens dans la colonne catégories à droite du blog!!