jeudi 14 février 2013

Figue figue



En remontant le temps à la première figue
pulpe rouge noyée autour du doigt gourmand

en remontant le temps à la première figue
j’ai rencontré
celle qui
pour la première fois
la vie
dressée au creux
des reins

la gonflait de ses mains l'incendiait de ses yeux

aux chaleurs de sa bouche la portait l'embrasait
et racontait la forge et le fer et le lait qui entoure les étoiles

celle qui - vie à tâtons - les bâtons d’amertume et tous les n’oublie pas que ça va mal finir


celle qui chiennes de nuits bleues

des rêves qui débordent
un peu plus loin là bas les rivières de tuer aux impasses résilles
et les treillis d'orages un décor plein de cris

celle qui

preuve par
dehors!
a renoncé à peindre
ses taches d’ocre faisaient ombre au tableau

celle qui robe trouée et les autres qui se tournent pour ne pas regarder le pardon si épais qui coule de ses yeux


celle qui gardait le feu quand sa petite fille s’en allait les pieds nus vers la forteresse blanche

celle qui apprend le temps la lenteur la lenteur difficile la lenteur celle qui apprend
aimer
dans un monde où

Sous le figuier il y a

le corps
branche cassée
le corps
fruits engorgés
le corps
gazouillis larmes
des femmes nuits de figue



Aucun commentaire: