vendredi 8 février 2013

Fossile






Lorsque j'étais enfant

Ma bouche aimait toucher les grosses pierres grises
Dont était faite la maison.
Je promenais mes lèvres sur les colimaçons
Tout englués dedans leur calcaire chemise.

J'aimais leur douceur lisse, leur humeur annelée

Meme si quelques bêtes
Faisant les polissonnes ouvraient leur coque bée
Suspendue pour toujours en conversation muette.

Amonites, armadilles et autres crustacés

Papotaient de concert dans la pierre incrustés.
En regardant de près on voyait leur rateau
Leurs pelles et ballons pour jouer au bord de l'eau.

Je les imaginais faisant chateau de sable

Sous le regard aimable
D'un fringant dinosaure et d'une hippocampesse
Se huilant les écailles d'une historique adresse,

Puis un frisson de peur me saisissait soudain.

Et si sans le savoir , j'étais dans un écrin
De cristal et de vent
Une fossilenfant?



1 commentaire:

Viviane Lamarlère a dit…



je ne connaissais pas "amonites","armadille

Tu nous offres de bien beaux souvenirs "fossilisés" !

Douce nuit Viviane (le vent semble s'être calmé !)
Commentaire n°1 posté par corinne le 30/03/2010 à 23h27

Ces coquillages incrustés dans la roche de notre maison de famille ne laissaient pas de m'étonner non plus
alors contente si leur évocation t'a plu ;o)
le vent s'est calmé mais pas la pluie, moi qui comptais jardiner cette apres-midi..
Réponse de Russalka le 01/04/2010 à 15h19

J'aime beaucoup ce retour dans l'enfance, la sensualité avec laquelle un enfant s'approprie sa maison et l'imagination toujours en éveil.
Commentaire n°2 posté par Mony le 19/09/2011 à 09h53



TU as raison de parler de sensualité, Mony, car l'enfant possède cette intelligence du corps qui sait et sent...
Réponse de Russalka le 20/09/2011 à 09h05