lundi 18 février 2013

Fragment * 5 * Hall





La pièce était posée

     grand cube tapissé de toile de Jouy
   sur des carreaux de Gironde dont la patine creusait l'enduit

Quelques blessures écaillaient les pierres


Au centre le cercle d'une lourde table
quatre portes
et quatre angles.

Dans l'un une vieille horloge comtoise
dans l'autre une lampe à huile au sommet d'une déesse dénudée
le troisième était tout empli de mon piano
le dernier était vide

En une pièce j'avais d'un seul coup d'oeil accès
au temps
à la lumière qui le traverse
à la musique des sphères
à l'espace dont nul ne saura jamais ce qu'il est réellement

2 commentaires:

Valentine a dit…

Génial, encore... C'est un bonheur que de relire tous ces merveilleux poèmes que tu replaces petit à petit dans leur nouvel espace. On dirait d'abord que tu poses un tableau néerlandais du XVIIIe(d'ailleurs je crois que tu nous en avais montré un qui représente un peu cela), et à la fin on sort du descriptif pour une envolée spirituelle !

Viviane Lamarlère a dit…

Merci surtout à toi Valentine de suivre de près la manière dont cet espace se met en piste ;o)) Qu'il me tarde d'avoir fini, tu ne peux imaginer, car pendant ce temps je n'écris guère... Mais bon, comme j'ai aussi du boulot au jardin et un deuxième tableau en route, je suis finalement très prise. Trop prise! Bisous et merci encore