vendredi 8 février 2013

Hypnose





L'hypnose
est un outil utilisé depuis la nuit des temps pour - entre autres choses - guérir. Qu'il s'agisse des chamanes d'Asie, d'Amérique du Nord ou d'Europe centrale, des guérisseurs occidentaux, des sorciers africains, des civilisations pré-colombiennes, tous ont eu recours à des fins de guérison ( parfois aussi de soumission , mais ce n'est pas l'objet de cet article ) à l'hypnose.

Les techniques mises en oeuvre par le " thérapeute " afin de placer le malade dans un état de conscience différent de celui de l'état de veille en sont très diverses: tam-tam en Afrique, instruments de musique développant une mélopée envoûtante en Asie, modulation de la parole, gestuelle répétitive etc.
Cet état de conscience différent, ou " transe hypnotique " permet, dans un premier temps,  de faire taire notre envahissant  et trop bavard " cerveau qui pense " et libérer enfin la parole du " cerveau qui éprouve et ressent " afin, dans un second temps, de les relier à nouveau l'un à l'autre dans des conditions apaisées, qui libèrent le malade de ce qui entravait son existence.

Eclipsée par les thérapies d'inspiration freudienne, l'hypnose resta cependant utilisée par de grands professionnels de la santé comme Pierre Janet . Elle revient depuis quelques années sur le devant de la scène thérapeutique grâce à un chercheur de l'école de Palo Alto, Milton Erickson.


Le petit enfant qui vient au monde est naturellement à l'écoute de son corps, et se sent ( sauf carences graves parentales ) en sécurité dans le contexte qui l'entoure et dans l'amour qui le soigne. Ce sont l'équilibre entre sa perception du monde, sa perception de l'amour de ses proches et la solidité des liens d'attachement qui favorisent la croissance de sa confiance en lui, ce que d'aucuns nomment " l'estime de soi ".

Mais qu'un traumatisme grave ou mineur vienne abîmer cet équilibre entre lui, son contexte de vie, sa relation à l'autre. Ou bien que ces liens d'attachement soient très gravement déchirés, voire inexistants, et - parfois durant une vie entière - il va traîner des souffrances physiques et/ou morales qui vont freiner sa propre réalisation.
La répétition de traumatismes similaires ne fera que l'enfoncer à chaque fois dans le cercle infernal de la souffrance physique et/ou morale.

Tout le travail de l'hypnose va consister à :
- permettre à la personne en souffrance de renouer, par le souvenir profondément réactivé,  avec un lieu où elle se sentait en sécurité ( sécure ).

- panser les liens d'attachement d'une manière symbolique à travers la confiance au thérapeute.
Point besoin de chercher l'aiguille dans la botte de foin du traumatisme. Ce qui compte n'est pas de le faire revivre mais là encore d'en sortir en s'appuyant sur du positif. Le propos des thérapies solutionnistes n'est pas d'enfermer le " demandeur d'aide " dans une quête sans fin des causes de sa souffrance (comme peut le faire la psychanalyse, et nous connaissons tous des personnes en analyse depuis perpète les galères et qui ne semblent pas aller mieux pour cela...). Leur propos est au contraire de l'aider à se libérer de ce qui l'empêche de marcher librement. En d'autres termes, de devenir enfin acteur de sa vie au lieu de la subir.


- lui donner un " outil " qui l'autorise à se soigner tout seul, sans aucune aide extérieure, lorsque le besoin s'en fera sentir, grâce à l'auto-hypnose.
J'ai participé ces trois derniers jours à un séminaire de formation à l'hypnose Ericksonienne.
L'hypnose Ericksonienne crée un état de sur-éveil et permet la réconciliation entre:
- Le corps qui pense  ( le Mental ou la Pensée ) et souvent écrase les deux autres.
- Le corps qui éprouve ( l'Emotion )
- Le corps qui ressent  et crée ( tout le Sensoriel et l'intuitif )

Rien à voir naturellement avec ces états de transe que l'on peut voir au music-hall. L'état d'hypnose est un état conscient et éveillé, dans lequel la perception sensorielle n'est plus parasitée par les constructions du mental et le mental plus parasité par les affects.


Comment fonctionne une séance?
- Le thérapeute demande au patient de suivre des yeux et sans bouger la tête les mouvements en balancier de ses doigts. Ces mouvements des yeux, inspirés de la technique de l'EMDR, activent de manière alternée les hémisphères cérébraux.
Ou pour le dire autrement et à lire sur cette page consacrée à 
la technique des mouvements alternés des yeux:

 On sait aujourd’hui que l’état post-traumatique résulte d’une hyperactivité de l’hippocampe (souvenirs, représentations) qui boucle en circuit fermé avec l’amygdale (émotions, affects) tandis que le régulateur (thalamus) est "shunté".
Alors que les thérapies verbales agissent seulement sur le cortex, l’EMDR agit - par stimulation bifocale alternée - au niveau limbique, comme un « véritable sésame libérant les émotions », ouvrant tel un switch le court-circuit : c’est ainsi que le "circuit long" du réseau thalamus-hippocampe–amygdale est rétabli, d’où réactivation du thalamus et régulation entre hippocampe et amygdale.

- Une fois le patient sous hypnose ( ce qui prend quelques minutes, je l'ai expérimenté en mettant d'autres personnes dans cet état et en y étant mise ) , on lui demande de faire venir à sa mémoire un souvenir dans lequel il se sentait apaisé, confiant, et de bien le visualiser ( par exemple sur l'écran symbolique qu'est la main du thérapeuth, tendue sur le côté )

- Puis de se concentrer sur le lieu - ici et maintenant - de ses sensations coporelles  de bien-être que l'on " ancre " ( fait entrer en mémoire sous hypnose ) grâce à des mouvements alternatifs oculaires.
- On lui demande alors de choisir laquelle de ses deux mains sera la mieux à même à l'avenir de prendre soin de ce bien-être redécouvert. On ancre à nouveau cette décision ( qui est la première sur sa remise en marche: prendre soin de soi )
- Enfin, on lui demande de choisir le lieu du corps où cette main se posera à chaque fois qu'une contrariété un traumatisme, un évènement quelconque viendront réactiver la mésestime de soi. On ancre ce choix du lieu du corps .

Le geste de la main se posant sur le corps devient le geste " ressource " que la personne utilisera à chaque fois qu'elle en éprouvera le besoin ( stress, souffrance, douleur etc) et qui réactivera cette sensation de bien-être et d'autonomie.

Sous hypnose, j'ai découvert que le geste qui m'apaise  est celui de passer ma main droite lentement sur ma nuque.

La nuit dernière, j'ai été prise comme souvent la nuit de très douloureuses crampes dans les pieds. Après une bonne demi-heure à chercher à les faire passer avec les techniques habituelles d'étirements etc, je me suis mise en " auto-hypnose ", un peu désespérée de  parvenir à calmer cette douleur. J'ai passé ma main droite sous ma nuque, lentement et me répétant" tu dois faire disparaître cette douleur dans tes pieds ".

Hé bien vous me croirez ou pas, mais en quelques secondes, cette sensation douloureuse s'est résorbée, comme si mon corps l'avait aspirée. Mes doigts de pieds si douloureusement écartés en éventail, les plantes des pieds durcies et arquées,  les mollets si contractés se sont relachés avec une douceur dont je perçois encore le souvenir agréable. Un peu comme un liquide est absorbé par un buvard, et je voyais de tout mon corps cette absorption.

Je suis assez bluffée, je l'avoue, mais le propos dans cette existence étant de trouver des solutions plutôt que de s'enfoncer dans des problèmes, cette formation me rend confiance en mon aptitude à gérer ( entre autres ) ces petites douleurs qui souvent nous gouvernent...




5 commentaires:

Viviane Lamarlère a dit…


A se demander si la phrase de Freud ( de mémoire, mauvaise ) selon laquelle une bonne cure est une cure longue dans le temps ne dit pas à quel point il fut incapable de mener à leur terme des cures rapides et réussies.

Merci de cette page

Amicalement,

Joubert
Commentaire n°1 posté par Joubert le 07/02/2010 à 21h49
Je crois que Freud pratiquait l'hypnose au début de sa carrière et que ce sont ses soucis intimes qui l'ont peu à peu emberlificoté dans cette idée de cure à rallonge...
Ah, si les patients qui vivent une analyse au long cours et finissent par s'en extraire, plus par lassitude que par conscience d'être enfin en paix avec eux mêmes savaient que l'on peut atteindre l'apaisement plus rapidement et moins dans la douleur, la psychanalyse aurait du souci à se faire... Merci Joubert!
Réponse de Russalka le 09/02/2010 à 14h30
Merci pour ce partage sur les bords d'une science qui, majoritairement, tend à ignorer ses lisières.
Je suis content de voir que tu as acquis un geste (pour essayer de dire corps+âme+pensée) qui peut te servir à éloigner la douleur.
Commentaire n°2 posté par Lélio le 07/02/2010 à 21h52
Merci à toi, Lélio.
Je ne puis que souhaiter en retour à chacun de découvrir ce geste
qui permet de se sentir enfin connecté à soi,
aux autres
au monde.
Réponse de Russalka le 09/02/2010 à 14h32

Viviane Lamarlère a dit…


je suis très réticente à ce genre de médecine peut-être une un souvenir inconcient des visites de ma mère à des charlatans pour me guérir lorsque j'étais toute petite ,je ne sais pas. Je sais qu'il y a eu de beaux résultats et j'en suis heureuse pour tous les malades qui peuvent en bénéficier . Bises Viviane
Commentaire n°3 posté par aimela le 08/02/2010 à 09h10
Tu as raison de te méfier car même au sein de ce mileiu, on trouve bien sûr des vendeurs de vent.
Soigner ne peut s'envisager sans une profonde éthique et je comprends que l'on sorte blessé de la rencontre avec ceux qui n'en ont aucune... y étant passée moi aussi (sourire)
Bisous à toi et merci Aimela.
Réponse de Russalka le 09/02/2010 à 14h37

je n'ai que très peu de connaissances sur l'hypnose.
C'est intéressant cette expérience que tu as fait qui aboutit à une auto-pratique.

Je me suis rendue sur le site de INREES et j'ai écouté un podcast sur le livre "La mort n'est pas une terre étrangère" (http://www.inrees.com/podcasts.php?url=Europe1-La-mort)
Commentaire n°4 posté par Marianne le 08/02/2010 à 19h14
Alors, nous sommes semblables , ma chère Marianne, car j'ignore tout de ce continent là qu'est l'hypnose, moi aussi.
Le but de ces thérapies brèves est de rendre leur autonomie au patient, de ne pas les enfermer dans des processus de rumination de leur passé mais au contraire de les en délivrer. Et c'est étonnant que que tu aies écouté cet extrait, car c'est bien effectivement d'une sorte de mise à mort ou du moins d'extériorisation bienfaisante du traumatisme qu'il s'agit.
Mille merci Marianne du lien en cadeau ;o))
Réponse de Russalka le 09/02/2010 à 14h45

Viviane Lamarlère a dit…

'aime beaucoup ce texte qui me parle et me met à cent lieues des délires freudiens de Françoise DOLTO ou de tant d'autres psychothérapeutes ou psychanalystes freudiens.
Oui, il y a des lieux d'apaisement dans notre corps qui vont inhiber les bouclages hormonaux nocifs de cette pensée (celle du néocortex) qui réactive autant les souffrances psychiques que physiques.
Quand de nombreuses liaisons synaptiques ont été détruites par un grave traumatisme (dans les aires frontales, proches de l'hippocampe ou même ailleurs) il ne sert à rien de revenir en arrière pour essayer de les réactiver. Ce qui compte, c'est de reconstruire de nouvelles connexions efficientes à partir de l'amour, de la confiance (en soi et dans les autres qui comptent) et alors, même si des traces repérables des traumatismes demeurent, ce ne sont plus ces circuits morts qui seront opérants mais les nouvelles "pousses", créatives, pleines d'énergie et de nouveaux projets de vie.
Ce que je résume-là, sommairement, se vérifie par l'imagerie médicale. D'ailleurs ton ami Olivier pourrait te dire, bien mieux que moi, à quel point la plasticité neuronale est réparatrice car des nouveaux neurones se créent sans cesse si des activations positives sont mises en place. C'est aussi le point de vue de Boris CYRULNIK.
Alors, l'hypnose ou l'auto-hypnose comme source d'apaisement et de reconstruction de nouvelles synapses : oui ! À quoi bon faire boucler sempiternellement les circuits de la souffrance ? À quoi bon faire produire du cortisol ou de l'adrénaline ? Plutôt user des bienfaits de l'ocytocine... L'hormone de l'amour, de l'affection, l'hormone du lien social et de la bonne entente harmonieuse.
Si j'avais le temps, je ferais bien un article sur OB dans lequel je parlerais en détail de cette nécessité de réactiver les neurones miroirs qui nous ont permis d'avancer positivement (tous types de N-M confondus) tout en anesthésiant aussi les souvenirs visuels, auditifs et cognitifs néfastes et traumatiques parvenus à notre conscience par le langage. Je ne dis pas à quel point les soi-disant éléments de l'inconscient (freudien) sont ineptes, nuls et non avenus dans des tentatives de rémission, résilience ou reconstruction. Sans compter que je rejette formellement le terme INCONSCIENT pour lui préférer NON CONSCIENT = ce qui n'est plus conscient (oubli selon Hermann EBBINGHAUS) ou ce qui n'a jamais été conscient car juste évoqué ou amorcé de manière subliminale.
Commentaire n°6 posté par Merlin le 10/02/2010 à 12h06

Viviane Lamarlère a dit…


Et j'aime infiniment ton commentaire qui apporte de l'eau à mon moulin lui aussi ;o)
Je vais le reprendre point par point.

J'aime beaucoup ce texte qui me parle et me met à cent lieues des délires freudiens de Françoise DOLTO ou de tant d'autres psychothérapeutes ou psychanalystes freudiens.

On peut le dire, c'est un autre monde, qui s'appuie tout autant sur des traditions très anciennes que sur la vérification par l'imagerie médicale des effets sur notre cerveau de certaines pratiques inductives d'états de conscience hyper éveillés. Car l'hypnose n'est pas le sommeil, mais un état de super-veille , dans lequel le sujet peut parler, répondre, (quoique avec plus de lenteur mais aussi plus de précision dans la définition de son ressenti) être présent à lui même et comme en dehors en même temps, s'observant.

Oui, il y a des lieux d'apaisement dans notre corps qui vont inhiber les bouclages hormonaux nocifs de cette pensée (celle du néocortex) qui réactive autant les souffrances psychiques que physiques.
Quand de nombreuses liaisons synaptiques ont été détruites par un grave traumatisme (dans les aires frontales, proches de l'hippocampe ou même ailleurs) il ne sert à rien de revenir en arrière pour essayer de les réactiver.

C'est hélas très précisément ce que fait la psychanalyse, plongeant le patient dans le ressassement de son souvenir jusqu'à lui faire cracher quelque chose qui au bout du bout a davantage à voir avec la construction reliée à une culture qu'à une libération du trauma après l'avoir cerné. Qui se fait psychanalyser lit forcément des ouvrages sur la psychanalyse, des témoignages etc . Et finit par incorporer des bribes de schémas qui ne sont pas les siens mais qui arrangent sur le moment sa volonté de comprendre...

Ce qui compte, c'est de reconstruire de nouvelles connexions efficientes à partir de l'amour, de la confiance (en soi et dans les autres qui comptent)

Oui, et le psychothérapeute a une et une seule fonction; aider le patient à retrouver des liens d'attachement solides et " propres " de toute histoire, nettoyés, un peu comme on reformate l'ordinateur. D'où la nécessité pour le praticien de se protéger, de ne pas entrer dans une écoute passive et trop " éponge " afin de pouvoir le moment venu rendre sa liberté reconquise à celui qui venait lui demander de l'aide. Eric nous a parlé du cercle de l'Amour qui est mis en place par le sujet, le thérapeute et le contexte de la souffrance, toujours extériorisé en le visualisant en dehors de la relation duelle. Par exemple: pour ce qui me concerne, voir ces couleuvres que Michel avait acheté aux enfants et dont la présence dans la maison , en liberté , avait réactivé des angoisses très anciennes, pouvoir les visualiser ailleurs que dans mes rêves ou mes angoisses, sur l'écran extérieur de sa paume de main, me dire que oui, le passé n'était plus là, mais extirpé, qu'il était virtualisé au lieu d'être comme réel dans tout mon corps, je l'ai senti comme un renouement à un lieu assuré.

Et alors, même si des traces repérables des traumatismes demeurent, ce ne sont plus ces circuits morts qui seront opérants mais les nouvelles "pousses", créatives, pleines d'énergie et de nouveaux projets de vie.

Absolument, d'ailleurs ce que tu dis recoupe les travaux faits par les divers instituts qui travaillent là-dessus: chez des patients qui étaient en immense souffrance et ont bénéficié de ces thérapies sous hypnose, on peut constater à l'imagerie une repousse de neurones dans les régions concernées par la souffrance.

Viviane Lamarlère a dit…

Ce que je résume-là, sommairement, se vérifie par l'imagerie médicale.
Tout à fait.

D'ailleurs ton ami Olivier pourrait te dire, bien mieux que moi, à quel point la plasticité neuronale est réparatrice car des nouveaux neurones se créent sans cesse si des activations positives sont mises en place. C'est aussi le point de vue de Boris CYRULNIK.

C'est ce que intuitivement je m'étais dit lors du diagnostic de sclérose en plaques: et la raison pour laquelle j'avais entrepris études de philo et gymnastique quotidienne.

Alors, l'hypnose ou l'auto-hypnose comme source d'apaisement et de reconstruction de nouvelles synapses : oui ! À quoi bon faire boucler sempiternellement les circuits de la souffrance ? À quoi bon faire produire du cortisol ou de l'adrénaline ?

Tout à fait d'accord! je crois que si Freud revenait maintenant, à la lumière de ce que découvrent les neurosciences, il reverrait sa copie. Les collèges de psychanalyse X, Y et Z ne verraient sans doute pas cela d'un très bon oeil, d'ailleurs, car c'est une entreprise rentable tout de même!

Plutôt user des bienfaits de l'ocytocine... L'hormone de l'amour, de l'affection, l'hormone du lien social et de la bonne entente harmonieuse.

Notre temps ne valorise pas trop cela, tout occupé qu'il est à la rentabilité y compris des rapports sociaux...

Si j'avais le temps, je ferais bien un article sur OB dans lequel je parlerais en détail de cette nécessité de réactiver les neurones miroirs qui nous ont permis d'avancer positivement (tous types de N-M confondus) tout en anesthésiant aussi les souvenirs visuels, auditifs et cognitifs néfastes et traumatiques parvenus à notre conscience par le langage.

J'espère que tu trouveras le temps car cela me passionne, et je ne serai pas la seule à être touchée.
Dans le fond es avancées récentes vont dans le sens d'une réunification de ce qui fut des siècles durant et sous toutes les latitudes complètement intuitif mais si efficace cependant.

Je ne dis pas à quel point les soi-disant éléments de l'inconscient (freudien) sont ineptes, nuls et non avenus dans des tentatives de rémission, résilience ou reconstruction.

Je te suis tout à fait. Notre formateur nous a longuement répété que deux des raisons pour lesquelles la psychanalyse se fourvoie sans cesse dans des impasses, c'est
1) son oubli du poids des neurones miroirs ( sur lesquels le thérapeute doit s'appuyer pour aider le patient à renouer des liens d'attachement sécure)
2) le fait qu'elle conduit l'analysant à construire et construire encore plus au niveau cortical là où il faudrait, justement commencer par déconstruire en atteignant les niveaux de la mémoire sensorielle.

Sans compter que je rejette formellement le terme INCONSCIENT pour lui préférer NON CONSCIENT = ce qui n'est plus conscient (oubli selon Hermann EBBINGHAUS) ou ce qui n'a jamais été conscient car juste évoqué ou amorcé de manière subliminale.

Merci de cette précision sémantique qui, espérons-le, trouvera peu à peu sa place. Ce sera long, tant les esprits sont formés aux dogmes freudiens. Mais il est désormais permis d'espérer une sortie de ces embrouilles dont il ne faut retenir qu'une chose: parler sa souffrance peut, dans certaines conditions, faire du bien. Mais certainement pas en s'y enfermant des années entières sans en voir la fin... Et puis merci à toi de ce beau commentaire qui construit lui aussi!
Réponse de Russalka le 11/02/2010 à 14h04