mardi 12 février 2013

Ignorance





Mes promenades quotidiennes dans le jardin

me confortent dans le bonheur d'ignorer.



Resterais-je penchée avec autant de délectation

des heures durant

pour regarder pousser mes plantations

ce qui

disent les paysans de ma région

ralentit leur pousse
ou pour le dire autrement
nous restitue à la lenteur nécessaire des choses ...
si je connaissais tous les noms
attachés aux nuances des pistils
à la mesure de la profondeur vertigineuse des coupes

à la rugosité particulière de la terre?


En entendrais-je aussi intensément ce qu'ils me racontent

qui échappe au vocabulaire botanique ou agricole?


Sur ma langue une explication

des références

une absence de virginité

m'enlèveraient la plus grande part de mon émerveillement.


Je
crois qu'il est des espaces
où ne rien savoir

- ou bien si peu savoir

et l'oublier souvent-
nous garde grandissant


3 commentaires:

Anonyme a dit…



Cela sent le printemps chez toi depuis quelques jours, j'aime, et j'aime

"Je crois qu'il faut ne rien savoir pour se garder grandissant
ou si peu savoir
et l'oublier souvent"

d'où l'expression peut-être, garder une âme d'enfant
Commentaire n°1 posté par lutin le 08/02/2011 à 10h08

Si tu savais, cela respire le printemps à grands pas! chaque jour je constate que mes " bébés" de chlorophylle ont grandi de quelques millimètres ou centimètres et se portent fort bien! quel bonheur de vivre à la campagne quand même... Oui, face à ces événements minuscules, je suis comme une enfant. Merci Lutin!
Réponse de Russalka le 09/02/2011 à 18h24

Je rejoins le témoignage ci-dessus. Conserver son âme d'enfant.

Mais suis bien certain que l'émerveillement perdure dans la connaissance - même.

Voyez la capacité à s'étonner des grands savants. Leur naïveté quasi constitutive.

Merci de la réflexion



Amitiés,

Joubert
Commentaire n°2 posté par Joubert le 08/02/2011 à 11h39

Il est vrai. Sans doute la différence entre ces grands savants et le commun des mortels est-elle cette aptitude à se projeter dans le temps et y lire... l'inconnu, l'indicible, le merveilleux?

Merci Joubert de votre fidélité.
Réponse de Russalka le 09/02/2011 à 18h25

Anonyme a dit…



Mots merveilleux qui chantent la patience et l'éveil à l'épanouissement de ce qui croît sous le soleil.
Commentaire n°3 posté par marlou le 08/02/2011 à 16h20

Je reviens à l'instant de mon petit tour du parc, tout y est en place et cependant si différent d'il y a quelques heures ( je fais le tour de notre grand jardin plusieurs fois par jour, pour le bonheur de rêver devant ce qui va être et se prépare)
Oui, croissance douce et lente et qui fait du bien, mille merci Marlou.
Réponse de Russalka le 09/02/2011 à 18h29

En effet, l'émerveillement, cette capacité première à entrer en relation avec les éléments essentiels à la vie, voire de la vie, a ce quelque chose de l'innocence qui nous rend spontanés, insctinctifs. Il faut parfois oublier l'intellect pour revenir à l'essence des choses.


Commentaire n°4 posté par Marianne le 08/02/2011 à 16h36

Tout à fait d'accord Marianne, sachons nous diviser pour... renouer (sourire)
Mon ajrdin me donne tant de bonheur que je me demande de quoi d'autre je pourrais avoir besoin pour vivre? En dehors de mes proches et amis. Rien. Femme heureuse...
Réponse de Russalka le 09/02/2011 à 18h34

j'aime admirer longuement les quelques fleurs du jardin : Jasmin d'hiver surtout.... Il est le seul à fleurir et mon adoration ne l'empêche pas de s'épanouir
Commentaire n°5 posté par juliette le 09/02/2011 à 11h11

Mon jasmin ne se porte pas très très fort, là, je ne sais ce qui lui est arrivé ;o(((
Je suis certaine que ton adoration porte en elle mille énergies fines qui aident la plante à fleurir, je vais m'y concentrer aussi (sourire) merci Juliette de ce partage!
Réponse de Russalka le 09/02/2011 à 18h41

Viviane Lamarlère a dit…



Ah, mais cela n'est pas ignorance, c'est connaissance que ces pas marchés dans le jardin, sans que les noms ne viennent enfermer le vivant.

C'est cela qui se partage dans la poésie, et c'est bien cela qui fait que vos mots sont musique.


Commentaire n°6 posté par Miche le 09/02/2011 à 14h18

Merci Miche, cet après midi fut consacré de 14 à 18 heures à bêcher pour planter des rosiers, changer de place des iris qui ne fleurissaient plus guère, planter d'autres roses de Noël pour l'an prochain,contempler surtout contempler !! Merci Miche de cette écoute ...
Réponse de Russalka le 09/02/2011 à 18h50

J'avais gardé ce poème "sous le coude", en fait, c'est que je ne l'avais pas commenté...

Oui, tu as raison, moins on en sait, plus on est proche de la nature...!
Commentaire n°7 posté par Valentine le 19/02/2011 à 16h40

Et plus on est curieux... Je viens de passer des heures dans mon jardin, à désherber, enlever les pestes végétales qui reprennent du poil de la bête et ai découvert sous mon rateau une résistance au geste... Tu verras ;o))
Bises et merci!
Réponse de Russalka le 20/02/2011 à 16h05

Moi aussi j'ai beaucoup taillé et bêché avant-hier et hier : que de saletés qui montrent le bout de leur nez ! Mais comme la terre est pénétrée d'humidité c'est le moment de s'y attaquer...
Commentaire n°8 posté par Valentine le 20/02/2011 à 16h31

Absolument et c'est ce que je vais mettre à profit aujourd'hui. Il ne pleut pas mais hier... et la terre est assez ramollie pour que je termine d'arracher les vilaines pestes végétales qui feraient de l'ombre à mes plantations. Je suis bien contente que tu aies toi aussi ce jardin à nourrir de tes gestes, cela restaure au fond de soi. Bisous Valentine et merci!
Réponse de Russalka le 22/02/2011 à 09h17