vendredi 22 février 2013

Il se pourra que tu pleures





Il se pourra que tu pleures
je serai
loin déjà
mes souvenirs posés entre deux pages sèches
un grand jour dans le cœur arrêté sur ton nom

J’aurai plié bagage à vitesse du ciel

et le froid en travail dressera mes rivières aux berges de l’oubli
je n’aurai plus peur
non
on n’a pas peur du choix quand on en sent venir
les chants en diagonales
fatigués et cireux

Je me rendrai sans joie

aux cheveux emmêlés de l’écume et la mer
ne te dira jamais les bords de lassitude
où j’ai pu me pencher en espérant la chute
les remparts démunis que chaque jour passant
j’ai tenté
mais en vain

Le temps a eu pitié de moi

il a fait demi tour
m’a prise par la main

Ma nuit vient

comme sa tête est plate
sans heurts et sans paroles
d’une légèreté qui défie la mémoire

Il se pourra que tu pleures

il ne faut pas
je rêvais d’une épaule aux fraîcheurs inondées
je rêvais de tes mains, de ta voix large et bleue

glissant comme un voyage

Il se pourra que tu pleures

il ne faut pas
j'ai besoin d'une halte, chanter sur le sel
un espoir de soleil luisant comme un secret


 

3 commentaires:

flipperine a dit…

on a parfs besoin de recul mais c'est une décision dure à prendre et à réaliser

Viviane Lamarlère a dit…

Merci ;o))

Re Chab a dit…

Il se pourrait que tu regardes
Ce qu’il reste d’une flamme éteinte,
Un pétale humide, laissant son empreinte,
Dans ce livre aimé, sous la page de garde…

Une trace décolorée,
Un parfum évanoui,
Un sourire enfui,
Une porte dorée….

Il se pourrait que tu pleures,
Et que tes yeux se lâchent,
Les pages en garderont des taches,
Presque invisibles , du coeur…

Changent les saisons,
Le printemps s’est éteint,
Tu as suivi d’autres chemins,
Emportée par les vents, contre la raison…

Il se pourrait que tu lises,
D’anciennes lettres, d’anciennes missives,
Egarées sur d’autres rives,
Que c’est loin, le temps de Venise…

Les détours des ruelles,
Les ponts sur le Rialto
Comme ses palais, notre amour a pris l’eau,
Celui, qu’on pensait éternel.

Il se pourrait que tu trouves,
Dans toute cette paperasse,
Dans ce qui ne s’est pas dissous, un lien, tenace,
Qui dans ces pages couve…

Pour redonner un espoir
Ressouder les mains,
Et permettre aux lendemains,
De repeindre le soir.

Il suffirait que tu viennes,
Pour redonner des couleurs,
A ces anciennes fleurs,
Si tu es toujours magicienne.

Il n’y a pas de danger,
Pas de risque de drame,
Même, à activer la flamme,
…Tu vois, je n’ai pas changé.

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RC – 23 novembre 2013