samedi 23 février 2013

Indicibleu









Va dans l’indicibleu

Intendant de la Terre et
Perds-toi

pour de bon
pour de vrai

trébuche si besoin
la pie-mère arrachée n’aies pas peur de te voir
car tout ce que tu cherches est au fond de tes yeux
et tu as récolté ce que tu as semé
à l’aveugle
flambeaux désséchés et blanchis


Intendant de la terre

la canicule haineuse survolera ton front
il te faudra marcher
aller chercher les germes

Oubliés
la religion des graphes
les cuisses prostituées la danse des corbeilles le chantage des bourses et surtout
les vieux mots qui dépeuplent le verdoiement du monde
Avoir
mot usé
Tu vois ce cercle ?
C’est le temps qui se touche par les pieds

Intendant de la Terre
un jour tu nous diras la rondeur des racines
son lait qui vient de l’ombre
les couches de tribus sacrifiées à la fuite vers de fausses opulences
les bandits pitoyables
et toutes ces créatures surgissant des poubelles et ruminant leur faim
La Terre ne négocie aucun délai
Intendant de la Terre
va vers l’Indicibleu
simple
volontairement

2 commentaires:

Miche a dit…

C'est si beau... Viviane

Valentine a dit…

Ce qui éblouit chez toi c'est cette profusion d'images et de mots qui évoquent autant de choses très tangibles, très matérielles - et en l'occurrence pas très gaies, mais c'est le cas souvent... Tu ressens la détresse humaine et mondiale dans ta chair et tu nous la montres, comme on suivrait un film de Yann Arthus-Bertrand... Je crois que "l'Indicibleu" n'est pour toi qu'une erreur d'aiguillage... (voire un fantasme !)