jeudi 21 février 2013

Le seuil



Quelques villages séchant entre deux lampes et les étoiles vertes
qui fleurissent en cette saison
puis la nuit de la pleine Lande
tellement gelée la terre en ce pays
tellement durcie la terre sous les couloirs du vent
que le bas côté se tasse comme un chien battu.

Ambre éparse au-dessus des forêts
la coupole des villes.

Nous roulons loin des heures de fermeture

Simple
soudain de nous greffer à notre solitude
au bruit léger du vent glacé contre les vitres.

Et me voici dans ma cuisine
sous la lumière jaune et plate des paumes
ramener vers moi l’eau des moments très simples
l’autre côté de ce soir d’hiver qui presque ne bouge plus.

Où sont restées les minutes ?
Où sont les heures passées ?

Peut-être est-il sacrilège de rassembler ce qui n'était
que pour toucher et s’en fuir ?

Alors
mains immobiles
cœur gravide
ayant compris enfin qu’à trop presser la source on peut tarir la soif
j’accepte d’être le seuil
la pente douce
où le pas du temps se pose.




2 commentaires:

Valentine a dit…

Nous revoici en hiver, et ton poème est aussi beau qu'une musique au coin du feu ; à peine un peu éperdu, comme quelqu'un qui s'absente et laisse régner le paysage ambiant, mais cela c'est souvent ta touche particulière.

flipperine a dit…

en ville on est bien seul tout le monde court, chez soi on retrouve la chaleur de sa maison, l'ambiance