mardi 26 février 2013

L'insurrection des...



cosmos double




Il n'y aurait pas de demi-mesure, pas de juste milieu, pas de poire et fromage
d'ailleurs le poirier était mort et quant au fromager
la fournaise du désert avait éteint ses pains.


Non, l'heure était venue de changer tout au tout, franchir les cercles.
Bouger les aubes pour que le Monde tourne à nouveau dans le bon sens.

Depuis quelques semaines déjà Ils et Elles ne se reconnaissaient plus dans leurs Délégués. Tel avait promis des fins de mois faciles et soutenait en catimini maintes casseroles. Tel autre assurait se battre pour l'égalité des chances et pourtant les plus productifs d'entre eux, ceux qui souffraient le plus à extraire la substantifique moelle de ce monde,  étaient les premiers à être dévorés par la crise.
Alors...
Fauchées ces mauvaises herbes de la représentativité! Piétinées, broyées, laminées. De droite à gauche dans ces plates-bandes qu'ils avaient cru invincibles. C'était un bon début.

Mais auraient-ils le courage de s'arracher à ces arrosages compulsifs qui ne profitent qu'aux dévoreurs ignorants des vrais besoins de la Vie?
Les excès en tous genre avaient donné naissance à une sorte de pourriture qui blanchissait les fondations, noircissait les âmes, flétrissaient le désir.

- Nous partons! Loin d'ici! Qui m'aime me suive !  dit un matin Réséda.

Réséda avait réuni ses enfants et tous ceux de sa famille. Parfumée comme pour un premier mai, elle attendait quelque réaction de ses congénères.
- Hé bien? Qu'attendez-vous? Ne restez pas plantés là, mauvaises graines!!

Mais cela faisait belle lurette et beau bleuet
que l'éperluette et le genet
n'affichaient plus leur complicité.
C'était comme si leur langue commune en ce réseau apareillé
s'était dissoute au vent ensommeillé
lui aussi...

Il fallait vivre... Et puis au fond, Ils et Elles n'étaient pas seuls à se sentir écartelés entre leur sens de l'honneur et la servilité. Il suffisait de regarder le compagnon de poils de Celui qui les nourrissait, les cajolait, les arrachait, les dévorait. Que n'aurait-ils donné,  comme Ils et Elles, pour quelques cuillers de plus de pitance brunâtre ou quelques gouttes d'eau en pleine canicule? Leur vie peut-être bien...


- Vous ne comprenez donc pas que c'est le fait de nous avoir plantés là, en rang d'oignons quand nous aimons vagabonder, qui est la cause de tous ces tracas??? criait Réséda de sa voix blanche et rose.

- Tu as raison! dit tout à coup Potimarron.
Mes frères et soeurs, affranchissons-nous
du cercle de ce tuyau sans cesse enroulé à nos pieds!
- Oui! déchirons le cercle de ces plates bandes qui séparent nos familles!
- Finissons-en avec le cercle infernal que dessine notre maître surveillant nos pousses!
- Laissons derrière nous le cercle fétide sur lequel sont jetés ceux qui ne rendent pas assez de services!
- Passons sous le cercle de haie qui entoure le jardin!
- Perçons le cercle de la forêt qui cache l'arbre de la vraie vie
- Libérons le  cercle de notre destin de nés-pour-être-mangés!!!

Ces propos qui fusaient eurent grand effet sur chacun.
Dans un mouvement qui ébranla les convictions des meilleures taupes du jardin, les plantes du potager, les fleurs, les arbres fruitiers, se déracinèrent une bonne fois pour toutes.
Pour aller où, me direz-vous? Qu'importe... Le premier pas était fait. L'insurrection des fleurs serait suivie de beaucoup d'autres.

Dédié à
Pat Thiébaut et à son blog impertinent!

1 commentaire:

flipperine a dit…

dans la vie si on veut qq chose il faut se bouger