lundi 4 février 2013

Madrid, vers les suisekis de Rafaël Monje








Une e
scapade de deux jours les 1er et 2 mai derniers, pour aller soutenir notre ami Rafaël Monje qui présentait quelques pierres paysages lors d'une exposition internationale de Suisekis à Madrid, manifestation dont il remporta un des trois prix,
l'occasion pour nous aussi de visiter des lieux jamais rencontrés dans cette capitale où la famille de Michel vécut cependant douze ans et où deux de ses frères vivent encore,
et vous en offrir quelques étapes, billets de questionnements et leurs photos souvenirs .

Nous sommes partis avec les enfants et en voiture finalement car si le train a toujours eu notre préférence pour des raisons écologiques évidentes, cela aurait bien diminué notre autonomie une fois dans la capitale touchée par des grèves de bus et de métro ce jour-là.

Nous n'avons pu, nous approchant du pays Basque, nous empêcher de ce détour vers la forêt d'Iraty où des années durant, plusieurs fois par an, nous emmenions toute notre tribu passer la journée, tôt levés, tard rentrés et entre les deux... l'air pur, le partage de choses très simples comme un troupeau de belles vaches blondes paissant tranquillement à deux pas de nous, ou les gestes lents d'un pêcheur à la mouche ou simplement le chant de l'eau et le silence.




On devine ici ce qui fait l'enchantement de cette région:
le ciel un peu voilé
le soleil contrebandier qui illumine fugitivement au loin,
comme une pierre à quérir dont l'eau se dérobe à la main voleuse,
quelque falaise rocheuse ou quelque vallon muet.
La lumière qui glisse comme un navire entre les montagnes.

Sur notre route, une rivière, mille autres, certaines regorgeant d'eau, celle-ci plus timide mais envahie de mousse:




Mousse que nous avions tant apprécié l'automne dernier,  habillant un vieux hêtre. La forêt d'Iraty est touffue de hêtres , et cela donne aux sous-bois une fraicheur et une limpidité extraordinaire.
J'aime beaucoup ce tronc tourmenté dont l'âge qui le porte, encore franc et robuste, ne semble endeuillé de rien. Et comme à côté de cet arbre habité semblent mortuaires ces pierres grises,
résidus de pont ou de contreforts tombés là

que les herbes attendent avec gourmandise.




Moins imposante mais toute en délicatesse, nous allons rencontrer cette fleur
dont la blancheur des hélices nous fait penser aux éoliennes. Quelle sorte d'énergie fabrique cette fleur si ce n'est celle, si fine , de la beauté?



Enfin,
au milieu de ces aventures minuscules mais qui pour nous sont importantes,
un peu estourbie par un caillou de la rivière qui a roulé sur elle, 
une salamandre.



Elle va rester sur mon bras le temps que les bâtisseurs de la famille reconstruisent son abri défait par l'eau roulant.


Je n'aurais imaginé que la peau d'une salamandre fût aussi douce au toucher. La seule que j'avais jamais vue enfant était congelée par l'hiver et un peu rugueuse, presque de bois déjà. Celle-ci tentera bien de se nicher dans mon cou, mais pour la photo elle a fini par se tenir en paix...


Hélas les meilleurs moments ont une fin et si nous voulons arriver pour le dîner à Madrid, même à l'heure espagnole, il nous faut reprendre la route, laisser derrière nous cette verdure et cette vie aux couleurs douces et fragiles dont les étranges oiseaux de Navarre  n'entendront jamais rien. Ici, avant, il y avait des arbres et il parait que les singes rejoignaient les Pyrénées depuis Gibraltar de branche en branche...




1 commentaire:

Anonyme a dit…


On voyage avec toi, que c'est agréable, Viviane, merci
Commentaire n°1 posté par marlou le 29/05/2008 à 10h43
Merci Marlou, c'est agréable de partager ;o))
Réponse de Russalka le 30/05/2008 à 08h26
Je suis comme un enfant devant un nouveau livre d'images !
Ces photos sont envoûtantes et tes phrases sont comme un lent écoulement de rivière. J'aime cette expression "le soleil contrebandier" et la métaphore du navire entre les montagnes rappelant l'eau qui s'est dérobée.
C'est magnifique.
Commentaire n°2 posté par Marianne le 29/05/2008 à 20h33
Tu esd adorable Marianne, je ressens ainsi très fort cette étrave de lumière qui coule dans la vallée en s'accrochant un peu aux récifs des arbres. la photo du hêtre m'enchante... j'écrirai un article un jour prochain sur les arbres et leurs aventures immobiles. Je te réponds ce soir car des amis arrivent par groupe et la cuisine m'attend!
Réponse de Russalka le 30/05/2008 à 08h29
C'est bien tard que je viens te lire, et j'admire ces magnifiques photos qui me font rêver de voyages inconnus... Pour la salamandre, oui, il est étrange qu'elle n'irrite pas la peau comme on le dit couramment, mais ce sont des animaux très calmes, et comme les macros réalisés par Michel sont beaux également !
Ces éoliennes m'amusent beaucoup, car elles me rappellent Don Quichotte.
Commentaire n°3 posté par Valentine le 30/05/2008 à 14h19
la salamandre était toute petite, très vive, de belles nuances dorées et noires. Et le paysage comme tu peux le constater à la hauteur d'un beau voyage (sourire) les éoliennes sont très jolies de loin, mais il y en a tant que cela fait un peu cauchemardesque à force. Oui, de vrais moulins à vent ;o) Bisous Valentine
Réponse de Russalka le 30/05/2008 à 16