samedi 23 février 2013

Mes corneilles



Mes corneilles sont des oiseaux charmants, très affectueux, très drôles à regarder vivre. Il y a peu l'une d'elles s'est éloignée de la maison, comme il convient à des
oiseaux adolescents. En vérité elle a dû se retrouver coincée sous la haie et sous le regard de tous nos chats. Son aptitude à voler était encore bien fragile.
Je désespérais de la retrouver vivante.
La présence toute proche d'animaux m'est aussi indispensable que l'air que je respire...
Le lendemain matin, sur le coup de huit heures j'apportai son repas à celle qui était restée plus sage. Rien alentour. Avec beaucoup de chagrin, je suis rentrée vaquer à mes travaux quotidiens. Une heure plus tard, j'entendais de grands coups de becs sur la vitre. Elle était là, toute trempée, agitant les ailes comme le font les oisillons envers leur
mère.






Depuis, pour qu'elles prennent à chaque fois plus d'autonomie, je les laisse en liberté dans la journée. Elles reviennent spontanément dans leur volière le soir.  L'idée étant qu'elles soient capables de subvenir seules à leurs besoins tout en sachant qu'elles peuvent se réfugier chez nous et y trouver de l'affection, un abri, de la chaleur... Elles se régalent de vers de terre, de débris de je ne sais quoi qu'elles dévorent avec gourmandise sous le regard interloqué des chats, bien plus dépendants. J'ai ainsi élevé en Afrique deux chouettes merveilleuses et un
vautour charognard  extraordinaire de beauté et de calme.

Pour revenir à mes corneilles, elles sont toujours suivies à distance par la petite classe des chatons que l'on voit ici jouant dans l'escalier qui mène aux chambres sous la surveillance agacée de leur mère... On devine la queue terre de sienne qui bat, les oreilles tendues vers le danger possible, le regard qui surveille en dormant.



Ces petits fauves brûlent sans doute de leur caresser les plumes. Mais déjà l'envergure de mes deux oiseaux est grande, quoiqu'elles ne fassent actuellement que la moitié de leur taille adulte, et il suffit qu'elles battent des ailes pour que la tribu Matou se disperse, poil hérissé et queue en goupillon. Une corneille  a une envergure de 109 centimètres et vit environ 20 ans.

Quant aux chats déjà grands, ils s'en tiennent à distance. Ils doivent savoir de toute éternité que cet oiseau est de goût très amer et dure consistance, à tel point me disait mon grand-père ( qui tenta d'en consommer durant la grande guerre) que pour savoir s'il est cuit, on le cuisine avec un caillou. Quand le caillou est tendre, c'est que la corneille est à point... bref, les adultes restent à dix mètres et font de grands écarts lorsqu'elles se rapprochent d'eux.

Quand une corneille mange, elle commence par se goinfrer, puis va cacher ce qui reste de son repas dans des endroits connus d'elle seule, son garde-manger, où cet oiseau charognard fait " mûrir" la viande. Elle creuse des petits trous dans la terre avec son bec, y enfonce soigneusement la viande, puis fait le tour du jardin à la recherche de cailloux soigneusement calibrés qu'elle pose au dessus du trou pour le fermer. Le tout en surveillant le ciel, car si un oiseau apparait entre deux nuages, elle va à toute vitesse faire l'inventaire de ses provisions et les avaler d'un seul coup d'un seul!

Le matin, lorsque je les sors, elles volent vers moi en poussant des petits cris affectueux, se collent de tout leur être ailes largement écartées contre moi, mordillent mes cheveux, frottent leur tête contre mon cou puis vont vivre leur vie...



1 commentaire:

flipperine a dit…

je ne savais pas que l'on pouvait apprivoiser des corneilles et tes chats sont bien beaux