mardi 19 février 2013

Plus loin que mon talus dans ses herbes de grâce




Depuis des jours s'empilaient leurs formes changeantes

qu'un coup de vent

parfois

ouvrait

comme un tiroir.


Le ciel est enfin lavé de ses nuages traînant

au vu de tous

leurs intentions secrètes
.

Et j'ai passé des heures dans mon jardin

à recouvrir de paix les ulcères

que le temps creuse

ou la pluie.


Du grésil est tombé

venu comme une rumeur

de ces coins d'ombre où chacun se cache

et le regard le plus pur se corrompt.


J'ai peur

petit peu

de tomber.


Mais le soleil se moque de mes mains rougies

mes pieds gelés mes beaux outils

rien ne les retient plus de vivre seuls leur vie

car dans le froid qui mord

je ne suis plus un corps

mais une volonté chapiée par mauvais sort


Sous les feuilles que j'écarte

mille plantes nomades

sans faiblir éloignées du pied mère

sorties d'enfance


Je n'insisterai plus

pour voir plus loin que mon talus

endormi dans ses herbes de grâce


Je n'insisterai pas

pour ranimer d'autres flammes

que celles de ces fleurs dont la fuite est promesse

et si douce l'absence 

autour

comme un manteau





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