mardi 12 février 2013

Quand les mains se souviennent



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Mon jardin m'est source de bonheurs inépuisables...


Peut-être parce que mes mains
ont encore souvenir de leur travail enfantin
en compagnie de mon grand-père.
De son savoir transmis entre ronce et bruyère.
De ces heures passés à modeler la terre
et attendre le grain.

L'expérience intérieure ne peut-elle vraiment être partagée? Les mots sont-ils définitivement cette prison qui empêche d'accéder au ressenti profond de l'autre? Pire encore, créent-ils de telles zones d'ombres qu'ils laissent chacun sur des frustrations indépassables? ?

J'ai souvenir de silences intenses en compagnie de proches ou amis
tous recueillis que nous étions devant une fleur ou un coucher de soleil somptueux.
Les mots auraient été de trop et ce qui circulait de proche en proche
d'âme à une autre âme sans doute
se passait de conjugaison.

Mais je pense tout aussi souvent à ceux qui n'ont pas ce privilège du voyage vers d'autres contrées
ou simplement de la rencontre avec un livre, une fleur sauvage, une bête.

Ce blog trouve sa raison d'être dans le partage de ce qui fait ma  douce et heureuse existence privilégiée dans une campagne éloignée des violences quotidiennes, toute baignée de la beauté d'une Nature renaissante  en chaque saison

Mais aussi des oeuvres de sons, de lettres, de gouts et de couleurs de mes frères et soeurs en humanité.

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Quelques unes des dernières floraisons qui m'enchantent... Ci dessus et ci-dessous trois variétés d'entre mes premières tulipes  botaniques plantées l'automne dernier.
Dans quelques temps je vous en dirai les noms précis... quoique... est-ce utile?
Les deux premières sont hautes d'une quinzaine de centimètres mais leur fleur est ouverte et généreuse en taille, parfum, couleurs, comme un bon verre de vin.
On appelle d'ailleurs cela " une coupe ".



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Une petite famille de tulipes qui, si tout va bien, aura triplé ou quadruplé en nombre l'an prochain...


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La beauté toute en transparence d'un crocus violet:

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Mais comment la Nature parvient-elle à créer des complémentarités de nuances tellement évidentes qu'elles  ne choquent le regard?
L'or puissant, affirmé, du pistil et l'améthyste  nuancé des pétales de cette fleur si modeste en font un  vrai bijou! 




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Toute cette admiration pour le petit univers de verdure qui m'entoure ne signifie pas que je ne me sens pas concernée par les malheurs de ce monde. Loin de là.

Mais je crois aussi, profondément, en l'urgence du partage de la beauté et de l'espérance. Tout ce qui peut nous être un horizon. Proche ou lointain. Ne nous replions pas frileusement ...



Le Gai vigneron, de Jacques Ibert, extrait de la petite suite pour le piano.





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5 commentaires:

Anonyme a dit…



Magnifique évocation de ce qui fait la beauté dans la relation entre les êtres... Et puis aussi de ton jardin qui est splendide ! Chez moi il y a beaucoup moins de pousses ; tandis que tu annonces des tulipes qui devraient se multiplier, moi je vois d'une année sur l'autre s'amenuiser les repousses des anciens oignons plantés, et dans l'exspectative je n'ose ajouter des annuelles, qui l'an passé se sont télescopées avec ce qu'il y avait déjà. Pour le moment, à part le dernier "iris botanique" (mais ils n'ont pas tous repoussé justement) et deux petits crocus, je n'ai rien que quelques violettes sur mon gazon... Lequel sous mes yeux navrés a été arraché en de longs passages et de beaux trous par ma chienne que je surnomme "Attila". Je me demande encore si je vais remettre des grillages pour le replanter. D'ici la fin du mois il sortira quelques jonquilles et les tulipes, je ne sais pas quand !
Commentaire n°1 posté par Valentine le 07/03/2011 à 17h12

Alors j'ai acheté des tulipes botaniques, c'est à dire des tulipes naturelles, pas des horticoles. Ces tulipes sont encore plus belles que celles fabriquées industriellement en Hollande, et contrairement aux tulipes habituelles qui dégénèrent jusuq'à disparaître, non seulement celles-ci repoussent chaque année identiques mais elles fabriquent des tas de bulbillons sous le bulbe principal, ce qui fait que peu à peu leur touffe s'étoffe ( si j'ose ce rapprochement sonore ;o))
On dit alors qu'elles se naturalisent. Elles peuvent même devenir envahissantes...
Mes iris de Hollande dits " botaniques " n'ont par contre rien de rien donné. Au point que je vais sans doute les arracher.
les chiens font des dégats dans les jardins, ma mère en savait quelque chose, mais c'est un choix. Peut-être établir des barrières de bois, qui les empêche de piétiner au moins les plates bandes?
Bisous!
Réponse de Russalka le 09/03/2011 à 09h48

Merci pour Ibert : je ne connaissais que "le Joyeux Laboureur" de Schumann !
Commentaire n°2 posté par Valentine le 07/03/2011 à 17h14

J'adore Ibert et essaie de diffuser cette musique simple et élégante. Merci Valentine!
Réponse de Russalka le 09/03/2011 à 09h49

Anonyme a dit…



Voici Viviane une profession de foi que je partage mais je pense que les mots ne sont pas toujours infirmes et qu'ils peuvent sous une plume de talent comme la tienne transmettre des émotions ...Quant au nom de tes tulipes je pense que de leur donner leur nom précis les honorerait ....
Commentaire n°3 posté par ulysse le 07/03/2011 à 18h24

Dès que le floriculteur mais également responsable de la collection nationale de la tulipe botanique qui me les a vendus aura authentifié ces bijoux ( je lui ai envoyé un premier mail pour le lui demander) , promis, je posterai un article avec toutes les variétés plantées et leur nom. Cela le mérite car pour la plupart ce sont des variétés en voie de disparition que le fait d'acclimater ici ou là sauve de l'oubli. Merci Ulysse du partage qui encourage à continuer en mots ;o)))
Réponse de Russalka le 09/03/2011 à 09h57

Merci de partager ce printemps qui est déjà dans ton jardin. Ici, il se laissera désirer encore quelques semaines. Et pourtant, au crépuscule nous avons observé un immense groupe d'oies sauvages en transit vers la Hollande toute proche. Mony
Commentaire n°4 posté par Mony le 07/03/2011 à 20h15



Ah, je me doute que remontant vers le Nord, les choses se font plus lentement, c'est aussi pour donner cet espoir de jours plus doux et fleuris de couleurs que je pose ici mon tout petit coin de terre... Mille merci Mony du partage ( quelle chance de voir voler des oies sauvages... mon rêve était de monter sur le dos de l'une d'elles...)
Réponse de Russalka le 09/03/2011 à 09h59

Viviane Lamarlère a dit…



Lol, oui, marcher d'un pas tranquille, même au milieu des champs de bataille.

Cela change nécessairement quelque chose... c'est amour que cela, émerveillement de chaque instant...


Commentaire n°5 posté par Miche le 08/03/2011 à 01h49



Emerveillement qui fait sourire parfois mes proches, mais d'un autre côté, je leur apporte apaisement... alors continuons de nous émerveiller ;o) Merci Miche!
Réponse de Russalka le 09/03/2011 à 10h00

douce et poétique philosophie..qui me fait penser à

"Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?" de Du Bellay
Merci aussi Viviane pour les jolie stransparences dans les pétales. Emma
Commentaire n°6 posté par emma le 08/03/2011 à 12h03



Merci à toi Emma de la mise en écho avec un si joli poème. Nous ne vivons bien que dans ce qui est à mesure humaine: une maison de plein pied avec un arbre et quelques fleurs. Et j'ai conscience que pour tant et tant, ce n'est même pas envisageable en rêve...
Réponse de Russalka le 09/03/2011 à 10h03

jolies ces photos

j'aime beaucoup
Commentaire n°7 posté par Reinette le 08/03/2011 à 18h46



Merci Reinette, c'est sympa ;o))
Réponse de Russalka le 09/03/2011 à 10h04

Je ne parviens pas à me souvenir de ce que tu as pu changer en rééditant ce texte... Mais j'en ai mieux lu les détails sans doute. Oui, j'avais envie de dire que lorsque les yeux, les mains, le ressenti parlent, les mots sont superflus ; mais que par contre dans le cas de ce blog par exemple, lorsque l'interlocuteur est éloigné, alors les mots peuvent beaucoup.
Commentaire n°8 posté par Valentine le 08/03/2011 à 22h38



J'ai changé l'entame ;o)) oui, les mots permettent de donner idée d'une certaine réalité à qui se trouve loin, être un déclencheur pour son imaginaire et cela, c'est capital...
Réponse de Russalka le 09/03/2011 à 10h06

Viviane J'attendrais donc les précisions données par le floriculteur (quel joli non de métier !)
Commentaire n°9 posté par ulysse le 09/03/2011 à 18h08

N'est ce pas que c'est un joli mot? Pour les noms de ces merveilles, je cherche en fait sur la toile car son catalogue à lui est passé en saison printemps été et donc les références de bulbes d'automne n'y sont plus... Patience, tout viendra à bonne heure ;o)) Merci Ulysse!
Réponse de Russalka le 13/03/2011 à 20h27

Viviane Lamarlère a dit…



Ce monde végétal est magnifique... tulipes, crocus... et comme je partage ton sentiment quand tu dis "mon jardin m'est source de bonheurs inépuisables "

Le vrai est devant nos yeux... chaque année apporte davantage de beauté au jardin...et celui-ci nous apprend à percevoir les couleurs, les odeurs, la notion du temps et des saisons !
Commentaire n°10 posté par corinne le 16/03/2011 à 16h50

Cette après-midi, j'ai passé quatre heures à désherber, nettoyer, ratisser, planter. Ecoute, si tu as un petit moment demain après midi, viens à la maison je t'offrirai un thé ( moins bon que ton délicieux thé au gingembre ;o)) et puis nous regarderons les tulipes botaniques etc. Tout a tellement poussé... et puis tu me donneras des conseils! Bisous Corinne et merci du partage, oui, un jardin, cela rend humain.
Réponse de Russalka le 16/03/2011 à 19h58

Martine a dit…

Bonjour Viviane,

D'un lien à l'autre et me voici ici. Tes mots qui font voyager. C'est toujours un tel plaisir. Mais quelle frustration de ne pouvoir admirer tes photos, que je devine fort belles.

" Un jardin, cela rend humain". Quelle superbe réflexion. Un avis que je partage
Merci Viviane
Passe un bon été dans ton merveilleux jardin
Amitiés
Martine