jeudi 28 février 2013

Simplicité volontaire


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Dans le dernier numéro de Courrier International un dossier un peu trop court à mon goût mais qui a le mérite de lancer un débat hélas trop souvent cantonné à des cercles restreints montrés du doigts par la bien-pensance institutionnelle.
Cet article traite de la décroissance.

Vaste sujet mais qui est loin d’être une lubie de passionnés ou de doux prophètes.
Nous y viendrons NÉCESSAIREMENT.

Dans la mesure du possible je vous renverrai vers des liens.

Selon Richard Greg, inventeur de cette expression, la simplicité volontaire suppose " l'unicité d'intention, la sincérité et l'honnêteté extérieure, tout autant que le fait d'éviter l'encombrement extérieur ou d'accumuler des possession qui n'ont pas de rapport avec le but premier de la vie. "

Simplicité volontaire est donc la philosophie qui prône la fin de la croissance pour elle-même.

Bergson écrivait: L'esprit d'invention  ne s'est pas toujours exercé au mieux des intérêt de l'humanité. Il a créé une foule de besoins nouveaux; il ne s'est pas assez préoccupé d'assurer au plus grand nombre, à tous si c'était possible, la satisfaction des besoins anciens. Plus simplement: sans négliger le nécessaire, il a trop pensé au superflu... Des millions d'hommes ne mangent pas à leur faim et il en est qui meurent de faim."
Les Deux Sources de la Morale et de la Religion, p.325-326.
La décroissance n’est pas
le développement durable, concept dont les limites ne tarderont pas à se faire sentir quoique chacun se porte garant aujourd’hui de l'éthique qui le sous-tend dans les discours politiques convenus.

Ce n’est pas non plus une croissance négative, contrairement à ce qu’argumentent avec une immense mauvaise foi ceux qui tiennent les manettes de l’économie et ont naturellement tout intérêt à ce que les industriels, les publicitaires et les médias continuent de nous conduire en troupeaux vers ces lieux de vie que sont devenus les grandes surfaces aux produits chèrement manufacturés, riches en kérozène lorsqu’ ils nous viennent de pays lointains, jetables la plupart du temps.

Nous entrons dans une ère de turbulences:
Dérèglement du climat
Raréfaction des ressources énergétiques fossiles
Pénurie d’eau douce
Pandémies
Disparitions d’espèces
végétales et animales

et ceci un rythme plus croissant que la croissance elle-même.

On peut donc dire que la croissance pour elle-même se heurte aux limites de la biosphère et est génératrice de scandaleuses iniquités, tant en ce qui concerne l’usufruit que chaque être humain peut espérer avoir de la nature que de la capacité de régénération de la vie.
L’empreinte écologique permet de mesurer l’impact de notre consommation quotidienne sur notre planète.

Si tout le monde consommait comme un homme ou une femme d’affaires américain ou européen, il faudrait 11, 43 planètes telles que la Terre pour subvenir aux besoins de la population actuelle.

Si le comportement était celui d’un américain moyen, il faudrait 6, 81 planètes.

Celui d’un Européen moyen : 3, 4 planètes.
Celui d’un adolescent Suisse : 2, 67 planètes.
Celui d’un Chinois : moins d'une planète .
Celui d’un africain : 0,45 planète.

J’ai fait le test proposé par ce site,
il s’avère que si tout le monde consommait comme ma famille et moi, il faudrait 1, 50 planète pour subvenir aux besoins de toute l'humanité. Donc même en pratiquant la simplicité au quotidien, en vivant frugalement – j’entends dans ces postes qui sont ceux qui coûtent le plus à notre planète : chauffage, transports, recyclage etc - c’est encore trop.


Que pourrait être une politique de décroissance ?
Elle serait d’abord joyeuse et paisible.

J’ai souvenir de mes grands-parents. Ils vivaient de peu, faisaient tout eux mêmes et avaient encore du temps devant eux. Le jardin potager apportait le nécessaire toute l’année durant, les volailles, cochons, lapins, canards en quantité suffisante pour pourvoir aux besoins en viande, pas de machines à laver si gaspilleuse et polluantes de l’eau mais un recyclage des cendres, les fromages et le pain faits maison, les outils usés jusqu’au fil…

Que sont nos vies devenues ? Une course contre notre nature. Du toujours plus avoir qui nous fait passer à côté du mieux-être et mieux communiquer.
Des objets-rois que nous ne pouvons jamais réparer lorsqu'ils tombent en panne
car ils ont été conçus de telle manière que l'on ne sache où trouver les  pièces de rechange et encore moins ... les bricoler.
Mes grands-parents savaient réparer ce qui leur était utile au quotidien. Et nous? Nous acceptons de cautionner un monde qui ne mise que sur l'apparence et la possession, comme si celle-ci donnait du pouvoir. Mes aînés sont hélas passés par la dure épreuve du chômage: ils ont appris à faire un heureux tri dans ce qui n'est que superficie et futilité. A se passer de ce qui n'est produit que pour continuer de nourrir les actionnaires du sommet de la pyramide et détruit notre environnement: le plastique des manettes de consoles n'est pas biodégradable...


C’est donc tout un changement d’était d’esprit qu’il faut opérer, même si ces deux mots, «  Il faut «  et « Opérer » sonnent douloureusement. Que préférons nous ? Choisir cette voie là où qu’elle nous soit imposée dans l’urgence et la violence?
J’ai mal lorsque j’entends des adultes de mon âge dire  « Nos parents en ont bien profité, j’en profite aussi tant qu’il en est temps ». Et les générations qui nous suivent, ne devrions-nous pas leur donner l’exemple en prenant notre part de frugalité, au lieu de les laisser payer notre note ?

Beaucoup de nos concitoyens du monde misent sur les progrès de la technologie. Rien n’est moins certain que cette mise au monde de technologies productrices d'énergie qui assureront la même soi-disant qualité de vie aux générations futures. Rien n'est moins certain et cela est-il d'ailleurs souhaitable?

Dans d'autres régions du monde, la mise en commun des savoirs et savoir-faire permet aux plus pauvres de résister à cette vaste entreprise de destruction de l'humain qu'est la société de consommation. Leurs projets sont vivants et exemplaires de ce qui peut être inventé pour lutter sans détruire.

Alors un premier petit pas dans cette dynamique autre qui supposera de notre part à tous le renoncement volontaire à ce qui s'avère superflu.

Foin des déplacements lointains qui ne nous apportent pas grand chose
si doux de voyager près de ( chez) soi
et quand on voit de quelle manière le tourisme dit écologiquement durable profite essentiellement aux nantis de tous poils et non à la planète et ses habitants ... renonçons.
Refusons ces produits qui ne vivent que le temps de vouloir en posséder un qui marche encore plus vite encore plus beau encore plus cher.
Mon ordinateur portable Powerbook G4  Apple est agé de sept ans, je l’avais acheté d’occasion il y a cinq ans, en en prenant bien soin, il s’est en tout et pour tout planté une fois. Une fois en cinq ans... Qui dit mieux ?
Acceptons en hiver de moins chauffer nos maisons et nous couvrir davantage, c'est tellement plus sain.

Pour terminer ce premier article, et la présentation en sera à chaque fois identique, deux petites, toutes petites choses à mettre en œuvre, car ce sont aussi les petits gestes accumulés qui comptent:

Vous possédez un téléphone portable?
Gardez le même le plus longtemps possible,
ne vous laissez pas tenter par la nouveauté vantée dans les pubs.


Vous aimez les fruits ?
Achetez ceux qui sont vendus par des maraichers
et ont été élevés près de chez vous
mais
REFUSEZ-VOUS LE LUXE INUTILE DES CERISES
ET AUTRES FRUITS EXOTIQUES
VENDUS À LA NOËL DANS LES SUPERMARCHÉS.
Ils sont riches du kérozène gaspillé pour les transporter.




1 commentaire:

flipperine a dit…

il faut savoir se contenter de ce que l'on a et parfs revenir aux bonnes vieilles méthodes pour économiser