vendredi 22 février 2013

Sur la route d'Al Hoceima



Quand nous revenions d’Al Hoceima
par la route qui longe la mer
nous sentions la chaleur du sable remonter jusqu’au bord de nos lèvres

Nous laissions derrière nous la ville toute blanche accrochée aux coteaux
les rues de la médina aux murs chaulés recouverts de fuseaux de soie
de tapis
de plateaux de cuivre
un parfum de thé à la menthe se balançait entre deux ruelles
murmure vert et or dans les petits verres élancés
murmure comme une saignée dans le silence

Nous nous arrêtions alors pour acheter le pain chez un vieil artisan qui pétrissait des galettes saupoudrées de petites graines noires
au nom inconnu
et des pains encore plus simples
ronds comme la pleine lune et leur lumière dorée sautait dans nos mains ouvertes

Il ne parlait pas beaucoup mais
quand il nous tendait les pains
il les prenait avec tant de respect que nous nous serions mis à genoux

A chaque fois c’était la première fois que nous goûtions ce pain
sa chaleur façonnée par le four
encore présente dans la mie
la croute comme un livre on lisait les chemin du feu sur la pate
en silence
nous en emportions trois
un pour prier cette rencontre
un pour l'émerveillement
et l’autre pour le soir

1 commentaire:

flipperine a dit…

et que c'est bon le pain chaud, de bons souvenirs