samedi 9 mars 2013

Bords de mer en Guyane





Là-bas.
Survivre. Ciel matin bleu grognant le soir. Dans l’entre-deux, un voile lourd. Mer marron d'esclaves échappées belles ou sordides
souvent la face dans l’eau du fleuve.

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Au pays de la sapotille
il y a des armées dantesques
crabes, triste soldatesque
dont l’attirail n’est que brindille
face aux orteils qui s’envasouillent,
vont à la pèche aux corps qui grouillent
en dessinant des arabesques
invisibles
et pour cause..
Là-bas.
Un peu d’air frais parfois remonte de la mer. Alors, se perdre dans les haies d’épineux dont les fruits résonnent de  noms barbares.


Au pays des banacoco

les étrilles en bleu treillis
ne se cachent dans les taillis
et ne connaissent jamais l’eau.
Leur univers est fait de vase,
ils ne fréquentent pas les huîtres
cause mauvaise humeur élytre
cyclothymique comme un huis
clos
Et pour cause…
Là-bas.
La mer vient s’échouer lamentable sur des non-plages de non-sable, et pour cause
sirop de vagues.


Porcelain-crab-600.jpg

Comme ils sont lointains les abysses
chocolat crème, douce pelisse
sable mer que damasquinent
les carcasses de leur chitine.
On ne les entend pas crier
ils sont muets les crustacés.
Seuls au grand large les cétacés
se doutent un peu de quelque chose
et pour cause
La mer croque les matelots
mais leur hého est
inaudible..

2 commentaires:

flipperine a dit…

la mer et ses richesses et ses dangers aussi

Valentine a dit…

Magnifique évocation d'un pays malade aux rives de guingois... Tu le sens, tu le vis de l'intérieur et l'exprimes avec une force délicieuse. J'aime ce refrain "et pour cause"... une trouvaille !