lundi 4 mars 2013

Magnolia



Magnolia-grandiflora.jpg

Une fleur s’est ouverte

au matin arraché à sa branche
seule dans l’eau du vers
elle mange l’espace de ma page blanche
son parfum entêtant ronge mon dictionnaire


J’ai beau fouiller la coupe

écarter de mes doigts l’ivoire délicat
je ne retrouve pas le parfum de la phrase
je ne retrouve pas la naissance des notes

je ne retrouve pas les habits de syllabes

pour vous chanter l’éclat
d’une fleur qui accepte
de goûter au froid

Elle habite l’espace de tels  inattendus

que je ne sais même plus si la lumière est flaque
ou rivière ou chemin


Une fleur sans penser

au destin attachée sur sa branche
et je comprends soudain
que c’est pour ne pas voir  le tracé
devant soi
que l'on fait des ratures des trous des spires et des croix
dans la chair du papier

Et tout cela me mord


2 commentaires:

flipperine a dit…

le magnolia une belle fleur et il y a des fleurs où on est en mal d'inspirations

Valentine a dit…

J'adore le début ! Mais je ne comprends pas le dernier paragraphe... Que ne veut-on pas voir ?