samedi 16 mars 2013

Monnaie de temps





L'horloge crache au mur

sa monnaie de secondes.

Elle me sait
impuissante à calmer ce bruit sec qui essaie
de me faire tomber
comme tombe l'air pur
au soir pour effacer
les traces de nos pas nos baisers nos murmures
.

Midi peuple les rues d'absence et de silence

et la grisaille même se tient retenue

contre ce bleu des nues

dont nous n'espérons plus que l'éparse présence
.

Un train passe.
Avec lui le regret

de ces lieux qui toujours s'ignoreront de loin


Sur la table le pain

l'eau qui fraîchit le verre et l'adieu déjà prêt

alors que tu reviens...





1 commentaire:

Martine Maillard a dit…

Oh ! Je m'en souviens bien de celui-ci ! L'horloge qui crache, incroyable cette image... Et les quelques objets posés sur ta table comme dans un tableau hollandais... Tu m'avais dit combien tu attendais, le soir, le retour de Michel.
Je n'étais pas une si bonne épouse : je mangeais quand j'avais faim et quand Robert rentrait vers 21h30 ou 22h je le laissais se débrouiller... Je lui en voulais de rentrer si tard et j'avais autre chose à faire. Mais les conditions chez nous étaient aussi très différentes.