mardi 5 mars 2013

Quand je te téléphone...




 A elle...



Quand je te téléphone parce qu’un chagrin à conter se trouve au bord des lèvres
qu’il te suffirait d’écouter pour que de friches il se mue en jardin
et qu’en reposant l’appareil je m’aperçois que c’est moi qui t’ai écouté

en respectant les courbes de ton paysage
je comprends mieux pourquoi j’ai choisi l’écriture et ses pays perdus
je comprends mieux pourquoi les inconnus croisés me parlent spontanément
et pourquoi mon chemin d'
écoute des mourants

Dans cet espace-là
il n'y a pas de demain et surtout pas d'hier
rien qui vienne souiller la rencontre
c’est si loin de la nuit
Peut-être devrais-je une fois pour toutes accepter que ce monde est fait
de mourants et de morts

Peut-
être devrais-je une fois pour toutes accepter que ce monde est fait
de ceux qui parlent à chaque fois plus haut pour intimer silence
et de ceux qui
ravalant leurs larmes
posent sur un bout de papier tous les mots empêchés

Quand je te téléphone parce qu’un chagrin à conter
une joie
un chemin
se trouve au bord des lèvres
si tu savais à quel point il te suffirait de l’entendre
pour que de friches il se mue en jardin
et me touche l'été





Arabesque de Schumann



   

2 commentaires:

flipperine a dit…

on éprouve parfs le besoin de parler mais bien souvent on ne trouve personne à notre écoute

aimela a dit…

Voilà le problême de la communication, on parle tous mais personne n'écoute . Tu peux avoir tous les instruments possibles et inimaginable cela ne sert à rien la communication ne se fait pas .