dimanche 10 mars 2013

Salpêtre




Cette odeur qui coule des murs tachés de
salpètre, je la sens depuis le parvis
elle m’attire, irrésistible. Elle m'enivre comme ces parfums d'arrière pays qui vous ferment le langage en même temps que les yeux.
Sans Dieu ni repères, et depuis si longtemps, je ne crois guère qu’aux pierres
à ces choses que l'on dit sans âme qui ne crient pas quand elles vous croisent.

Bribes de vie bribes du temps


J’aime pousser les portes sur cette froide pénombre

entendre glisser les pas du lent recueillement
le murmure étouffé des voix courant entre les travées d’une chapelle à l’autre

Parfois une musique tombe des cintres

appuyée sur la lumière
être légère et m'adosser à la couleur qui glisse des grands vitraux
être légère de ma chair

Il n’y a plus d’eau dans les grands coquillages

la mémoire est rouillée
que reste-t-il des voeux?

C’est dans ces moments là que j’ai envie de prier

mais je ne sais les mots
alors
je prends ceux des autres en passant

Cette dame le visage dans les mains à genoux

ce monsieur qui ne pense plus à rien et ce couple qui se pose un peu main dans la main...
Sur leurs lèvres, dans leurs yeux, des mots courent doucement
je les connaissais avant
ils se dévident dans ma tête, bousculés par le bruit incisif d’un flash

Il y a aussi des touristes qui déchirent ces parcours de paix

leurs pas sans précaution viennent briser le froid qui montait sur mes jambes et me gagnait le corps leurs pas sans précaution me rappellent à dehors
où la lumière vieillit

Tout le monde n’a pas de la peine

ici




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