dimanche 3 mars 2013

Voyage au bout de mon jardin, * 21 *




rocaille.jpg


Mi-juillet. L'effervescence vouée aux jeunes feuilles et à l'abondance de fleurs semble se calmer, comme si ce qui se joue sous terre avait reçu signal d'une inversion des forces. Mais grâce aux pluies abondantes, le jardin est bien vert et cela change des années paillasson...

Hier j'ai parcouru tous les sentiers désherbés de mes mains dans cet espace d'un hectare.

Désherbés, cela signifie aussi entretenus au quotidien et surtout parcourus chaque jour afin de tasser la terre et empêcher les jeunes pousses de revenir...

J'ai créé ainsi quelques 800 mètres de sentiers, bordés de cailloux et de fleurs sur de splates bandes aux configurations fort différentes, soit de plain-pied, soit accrochées à des talus abrupts.... 7000 cailloux environ cueillis dans le jardin et disposés patiemment à la main !!!!
Je ne suis pas peu fière!
Dans un coin la Jacinthe du Cap illumine de ses si jolis lampions une aire d'ombre sous un chêne. La plante, étonnante de forme et de vigueur, monte sa tige à plus d'un mètre de haut et promet de faire au bout de quelques années une belle touffe. J'adore cette forme de fleurs, campanulées et aussi discrètes que des cornettes de religieuses.


jardin-4-1433.jpg

Juillet est le mois des dahlias et de toutes les annuelles et bulbes dits " non vivaces " qu'il est conseillé de rentrer pour l'hiver mais qui dans nos régions de climat assez doux ( quoique... - 15° l'hiver dernier...) restent sagement en terre sans jamais dépérir. Ici, un dahlia simple rose bonbon, aux étamines dorées, qui ne cesse de fleurir depuis un mois et demi:


dahlia-simple-rose.jpg

Ci-dessous, un dahlia pompon, Wizard of Oz,   aux belles fleurs délicates dans la paume - on a envie de les caresser comme un petit animal. Ils accrochent merveilleusement la lumière. Il est certain que celui-ci fera partie d'une  prochaine commande...


jardin-4-1435.jpg

Entre les fleurs de la lavatère arbustive, un beau dahlia décoratif essaie de se montrer, mais il est un peu engoncé dans l'habit de sa voisine, je le déplacerai à l'automne:



dahlia-decoratif-rose.jpg

Un autre, que tout le monde déteste parmi mes proches, car de nuance trop vive. Je dois avouer être un peu déçue, je m'attendais à une fleur unie, non à ces panachures blanches qui rendent l'aspect général très artificiel. Qu'importe, la fleur est grosse comme une grande grande assiette, alors...!

jardin-4-1440.jpg


Mais le plus beau ( à mon goût) est le dahlia Bishop ofAuckland, pourpre presque noir ou rouge vermillon selon l'angle d'attaque de la lumière et dont le feuillage presque noir lui aussi est une splendeur. Il me faudra cependant l'an prochain, pour mieux le mettre en valeur, planter contre lui une plante à feuillage argenté sur laquelle il déploiera ses feuilles bien charnues et élégantes. Une absinthe peut-être?

Ou mieux encore, des Stachys Byzantina ( super chouette plante chameau qui supporte sans se plaindre soleil, mi-ombre, ombre, sol sec ou modérément humide, très pauvre, qui grossit de mois en mois de manière étonnante et se propage comme les fraisiers, et que chacun aime à caresser, tant elle est douce comme une peluche)  dont je n'aurai qu'à prélever des rejets sur mes propres plants?



Bishop-of-landalf.jpg


Tout contre lui, l'échinacée pourpre, en l'occurrence ici blanche et prénommée White Swann, ( Cygne blanc) m'étonne de la durée de vie de ses fleurons. Cela fait bientôt deux mois que chaque fleur a éclot!!! et elles s'affirment encore aujourd'hui, qu'il pleuve, vente ou fasse très sec, presque aussi belles que le jour de leur naissance. Certes leurs pétales retombent chaque jour davantage, mais elle ne les perd pas en vieillissant et son cône doré dur comme un quignon de pain rassis grossit de jour en jour!

Etonnante marguerite du Nord-est canadien, qui était considérée par mes ancêtres Indiens comme LA plante médecine...


echinacee-white-swann.jpg

Dans un pot, le rosier André le Nôtre se pare enfin de fleurs, énormes et très odorantes:


rose-andre-le-notre.jpg


Tout à côté, vêtu de modestie et les pieds bien au frais dans des brassées d'alysse odorantes qui répandent alentour leur sillage de miel, un Cosmos double se réchauffe comme papillon:

cosmos-double.jpg

Derrière la maison, les impatiences se mélangent doucement aux azalées et à l'immortelle de l'Himalaya, merveilleuse plante elle aussi, très sobre et florifère qui s'étend sans faire de bruit en beaux coussins argentés:



impatiens-et-azalees.jpg

Mêmes couleurs et mêmes fleurs ( et pour cause, l'arrière de la maison est à l'ombre) qui peu à peu s'échappent de leurs feuilles. Elles fleuriront jusque la première gelée sans discontinuer:


petit-chemin.jpg


Et notre petit banc, ne dirait-on qu'il se trouve là de toute éternité, dans cet écrin de verdure dont je peine désomais à me souvenir de quelle jungle de ronces, cigues, phytolaque et autres renouées il était alors cousu?



rocaille-2.jpg


Un peu plus loin en avançant sur le chemin, mes pétasites de l'arboretum de Balaine s'accrochent au talus. Elles m'ont gratifiée vers la mi janvier d'une fleur à l'odeur de vanille, étonnante et rare...

Leurs feuilles font désormais 40 bons centimètres de diamètre. Encore un petit effort pour atteindre les 90 et surtout le mètre de hauteur! Je leur souhaite surtout de bien remplir leur rôle de couvre sol increvable sur ce coin pauvre, où j'accède mal avec mon arrosoir, et voudrais bien pourtant éradiquer définitivement la mauvaise graine!



talus-petazites.jpg


Le long de la voie ferrée, en face de ce que vous voyez dans la première photo de cet article, j'ai à grand peine sur un an travaillé une plate bande. Le sol y est de qualités très inégales et diverses: argileux, puis rocailleux, puis sableux, puis riche, puis acide, puis calcaire!!! Un vrai casse-tête!  Mais avec quelques soins et beaucoup d'efforts, mes semis sortent: alysse odorante qui se re-sèmera, escholtzias idem, zinnias sans manières qui poussent partout et avec si peu d'eau, au point que pour ce coin ci du jardin, je ferai l'impasse l'an prochain sur les cosmos qui n'y ont presque rien donné et ne sèmerai que des zinnias. Des blancs, des roses, des fushias...

Et puis cette ombelllifère majestueuse, qui culmine à un mètre et davantage et depuis plus d'un mois éclaire ce coin désert et peu accueillant, j'ai nommé le ci-devant Ammi des jardins:

ammi-des-jardins.jpg


Ah qu'il est bon d'avoir des projets, même quand la saison bien avancée commanderait de se calmer un peu...







1 commentaire:

flipperine a dit…

tu as beaucoup de fleurs